Accord nucléaire de Vienne, L’Iran entame son offensive diplomatique par Pékin

Elwatan; le Dimanche 13 Mai 2018
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L’Iran a entamé, hier à Pékin, une vaste offensive diplomatique, qui conduira ensuite son ministre des Affaires étrangères à Moscou, puis à Bruxelles, pour tenter de sauver l’accord nucléaire abandonné par les Etats-Unis, selon l’AFP. L’Iran semble déterminé à ne pas se laisser entraîner dans un conflit ouvert avec Israël, qui s’est félicité du retrait américain de cet accord, qu’il juge insuffisant pour empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire, ainsi que du rétablissement des sanctions américaines.     

Jeudi, Israël a mené des dizaines de raids aériens meurtriers contre des cibles «iraniennes» en Syrie, en disant riposter à des tirs de roquettes «iraniennes» en provenance du territoire syrien contre la partie du plateau du Golan occupée par l’Etat hébreu. En Syrie, voisine d’Israël, l’Iran soutient militairement le régime de   Bachar Al Assad dans sa guerre contre les rebelles et les djihadistes. Mais Israël proclame qu’il ne permettra pas à Téhéran de se servir de la Syrie comme tête de pont contre lui.

La Maison-Blanche a critiqué, vendredi, l’influence «déstabilisatrice» de l’Iran à travers le Moyen-Orient, condamnant, dans un même communiqué, les roquettes tirées sur Israël et les missiles balistiques ayant visé l’Arabie Saoudite depuis le Yémen, cette semaine. «Cette semaine, l’armée d’élite iranienne a tiré des roquettes sur des citoyens israéliens et des agents de l’Iran au Yémen ont lancé un missile balistique vers Riyad», a relevé la porte-parole de l’Exécutif américain dans un communiqué.

«Il est temps que les nations responsables impriment une pression sur l’Iran, afin qu’il change ce comportement dangereux.»Vendredi, dans une première réaction aux frappes, l’Iran a démenti la version israélienne. «Les attaques répétées du régime sioniste contre le sol syrien ont été menées sous des prétextes inventés qui sont sans fondement», a dit le ministère des Affaires étrangères.       

Après ses visites à Pékin et Moscou, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammed Javad Zarif, tiendra une réunion, mardi à Bruxelles, avec la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et ses homologues allemand, français et britannique.     

L’accord conclu en 2015 à Vienne, duquel les Etats-Unis se sont retirés mais que continuent de défendre les autres signataires (France, Russie, Chine, Royaume-Uni et Allemagne), vise à faciliter les échanges commerciaux avec l’Iran et à relancer son économie, en levant de lourdes sanctions internationales, en échange d’un engagement de Téhéran à limiter ses activités nucléaires et à ne jamais chercher à obtenir la bombe atomique.

Son application est vérifiée par l’Agence internationale de l’énergie atomique, dont le chef des inspecteurs a démissionné vendredi. Un porte-parole de l’agence onusienne basée à Vienne n’a pas donné de raison au départ de Tero Varjoranta, intervenu après que la Maison-Blanche a affirmé que les inspections de sites nucléaires iraniens devaient se poursuivre en dépit du retrait des Etats-Unis.     
 

Categorie(s): monde

Auteur(s): R. I.

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