Conflit du Sahara Occidental, Réagissez

Elwatan; le Mercredi 8 Novembre 2017
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Partant de là, Mohammed VI a laissé entendre qu’il ne respectera aucune des nombreuses résolutions adoptées par le Conseil de sécurité de l’Onu depuis le début du conflit et allant dans le sens de la décolonisation du Sahara occidental, un territoire occupé illégalement par le Maroc depuis 1975.

Aussi, le souverain alaouite compte clairement s’opposer à l’organisation d’un référendum d’autodétermination en faveur du peuple sahraoui, droit qu’il qualifie… d’«obsolète». Il s’agit d’une remise en cause flagrante de l’accord de cessez-le-feu de 1991. A la place, il a remis sur la table son plan d’autonomie pourtant rejeté dans le fond et dans la forme par l’ONU. «(…)

Aucun règlement de l’affaire du Sahara n’est possible en dehors de la souveraineté pleine et entière du Maroc sur son Sahara et en dehors de l’initiative d’autonomie, dont la communauté internationale a reconnu le sérieux et la crédibilité. Le problème n’est pas tant de trouver une solution à cette affaire, mais plutôt d’arriver à définir le processus à suivre pour y parvenir», a-t-il indiqué. Parlant d’un conflit régional «artificiel», Mohammed VI a dit encore refuser catégoriquement «tout dépassement, toute tentative de porter atteinte aux droits légitimes du Maroc et à ses intérêts supérieurs, et toute proposition obsolète visant à écarter le plan de règlement des paramètres référentiels retenus, de l’insertion abusive d’autres sujets», allusion au référendum d’autodétermination qu’il n’ose pas citer nommément.

Provocateur à l’égard de l’Etat algérien auquel il rappelle que la «marocanité du Sahara» était déjà scellée «bien avant que la question du Sahara ne soit consignée aux Nations unies en 1963» et «mieux encore, bien avant que l’Algérie ne devienne indépendante», le discours de Mohammed VI complique davantage la mission de l’ONU qui s’était pourtant fixé le pari de faire avancer cette année le dossier du conflit du Sahara occidental. Autant le dire, Rabat rend pratiquement impossible le travail au Conseil de sécurité de l’ONU.

En narguant la communauté internationale comme il vient de le faire, le roi du Maroc expose la région à tous les dangers. Il joue avec le feu. Avec son attitude de défiance, il donne entièrement raison à la ligne dure du Front Polisario qui a toujours jugé inutile de discuter avec lui et prôné la reprise des armes pour la libération du Sahara occidental occupé. Il n’est pas certain que les Sahraouis resteront les bras croisés, si l’ONU et la communauté internationale les abandonnent à leur triste sort. La sortie du roi du Maroc — pour qui «nul ne peut remettre en cause» le bien-fondé de l’occupation du Sahara occidental par son pays — est en tout cas une invitation faite au nouvel envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU, Horst Köhler, de faire ses bagages et de rentrer chez lui. Le Maroc ne dit rien d’autre en effet qu’il ne fera aucun geste de nature à faire sortir le conflit du statu quo dans lequel il reste prisonnier depuis 1991.

Bien au contraire, il cherche à le perpétuer. La situation présente arrange beaucoup le makhzen qui exploite en toute impunité les nombreuses ressources du Sahara occidental. Pour tenter de faire sortir les négociations de l’impasse, l’ancien président allemand avait effectué, rappelle-t-on, sa première tournée dans la région le mois dernier. Il est prévu d’ailleurs qu’il présente un compte-rendu de sa tournée devant le Conseil de sécurité à New York. Sans nul doute qu’il ne lui sera pas difficile de le faire. Mohammed VI vient de lui faciliter sacrément la tâche. Maintenant tout le monde sait qui bloque.

Categorie(s): monde

Auteur(s): Zine Cherfaoui

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