Contributions aux dépenses de l’alliance outre atlantique, Réagissez

Elwatan; le Lundi 20 Mars 2017
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«Il n’existe pas de compte où sont enregistrées des dettes au sein de l’Otan», a déclaré Ursula von der Leyen dans un communiqué, cité par l’AFP. Comme elle a observé que les dépenses en faveur de l’Otan ne devaient pas être le seul critère pour mesurer les efforts militaires de l’Allemagne.

Et de poursuivre : «Vouloir lier les 2% que nous voulons atteindre au milieu de la prochaine décennie seulement à l’Otan est erroné». Les dépenses militaires sont destinées aussi «à nos missions de paix dans le cadre de l’ONU, à nos missions européennes et à notre contribution à la lutte contre l’organisation Etat islamique», a relevé la ministre. En réponse aux exigences de l’administration Trump, elle a convenu qu’il fallait «une répartition équitable» des dépenses militaires entre alliés.

Mais cela passe à la fois par la modernisation de l’Otan, ainsi que par «une union européenne de la Défense» et des «investissements dans l’ONU», a-t-elle dit, au moment où les Etats-Unis veulent réduire leur contribution au budget des Nations unies. Le président américain, Donald Trump, s’est livré à une critique acerbe contre l’Allemagne samedi, affirmant que Berlin devait payer plus pour profiter de la protection de l’Otan et de Washington. L’Allemagne «doit d’énormes sommes d’argent» à l’Otan et aux Etats-Unis qui lui «fournissent une défense très puissante et très coûteuse», a tweeté le Président moins de 24 heures après sa première rencontre avec la chancelière allemande, Angela Merkel, à la Maison Blanche.

Lors de cette rencontre, Angela Merkel a réaffirmé que son pays entend respecter un engagement pris à l’Otan en 2014, qui prévoit que les pays membres augmentent leurs dépenses militaires jusqu’à hauteur de 2% de leur Produit intérieur brut (PIB) dans un délai de 10 ans. L’Allemagne n’est aujourd’hui qu’à 1,2% et peu de pays de l’Otan atteignent le niveau de 2%. Cette passe d’armes entre Washington et Berlin sur l’Otan confirme que l’entrevue vendredi dernier entre le président américain et la chancelière allemande n’a pas contribué à apaiser les sujets de tension entre les deux pays.

Donald Trump et Angela Merkel ont affiché des divergences également sur des sujets comme l’immigration, le climat ou le commerce. L’administration américaine prône une politique protectionniste alors que l’Allemagne vit de ses exportations.

Divergences

S’ils ont tous les deux évoqué une rencontre productive, les deux dirigeants ont, au cours de leur conférence de presse, défendu leurs positions respectives. «Je ne suis pas un isolationniste, je suis un partisan du libre-échange mais (...) notre libre-échange a conduit à beaucoup de mauvaises choses», a déclaré D. Trump, en guise de réponse à Mme Merkel qui a mis en garde contre la tentation du protectionnisme. Il a indiqué que les Etats-Unis ont été les grands perdants des accords commerciaux des décennies écoulées. D’où, à son avis, la nécessité de négocier des textes qui ne mènent pas «à des fermetures d’usines» sur le sol américain.

De son côté, la chancelière allemande a appelé à la reprise des négociations, lancées en 2013, sur l’Accord de libre-échange transatlantique (TTIP), lequel à ses dires pouvait être bénéfique aux Etats-Unis comme à l’Union européenne (UE). «Je crois que la mondialisation doit être façonnée avec un esprit ouvert», a-t-elle déclaré. Elle a aussi fait l’éloge de l’intégration européenne, assurant que le «succès des Allemands» était étroitement lié à cette dernière.

«C’est quelque chose dont je suis profondément convaincue», a-t-elle dit, sachant que le président républicain est non seulement partisan du Brexit, mais a prédit que d’autres pays allaient quitter l’UE prochainement. Autre sujet sensible abordé :l’immigration. Il a déclaré que l’immigration est «un privilège, pas un droit». «La sécurité de nos citoyens doit toujours passer en premier», a-t-il dit. En mi-janvier, D. Trump a qualifié de «catastrophique» la décision de Mme Merkel d’ouvrir son pays à des centaines de milliers de demandeurs d’asile en 2015 et 2016.

Lors d’une réunion de deux jours des ministres des Finances du G20 qui s’est achevée, samedi dernier en Allemagne, Washington a remis en cause la doctrine mondiale en faveur du libre-échange et du multilatéralisme, ainsi que la lutte contre le changement climatique. Ainsi, les Etats-Unis sont parvenus à faire retirer du communiqué final le mot «protectionnisme» et évoquer une renégociation de l’OMC. Le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, a bloqué cette référence, pour la remplacer par une expression qui prête à conjecture : «Nous travaillons à renforcer la contribution du commerce à nos économies.» Le secrétaire au Trésor américain a déclaré que son pays n’exclut pas de renégocier les accords de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), socle de la libéralisation des échanges depuis 1995.

«Nous pensons que certaines parties de l’OMC ne sont pas appliquées, et nous allons tenter avec pugnacité de les faire appliquer dans l’intérêt des travailleurs américains», a-t-il déclaré ajoutant que ces «accords sont de vieux accords et s’ils ont besoin d’être renégociés, nous envisagerons cela également». Sur le climat, le G20 n’a pas mentionné l’Accord de Paris de 2015 qui figurait dans les précédents communiqués. Ces divergences seront abordées en juillet prochain à Hambourg (nord de l’Allemagne) lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du G20, auquel participera Donald Trump.

Categorie(s): monde

Auteur(s): Amnay Idir

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