Corée du Nord : Kim Jong-un démantèlera son site d’essais atomiques avant son sommet avec Trump

Elwatan; le Dimanche 13 Mai 2018
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La Corée du Nord s’apprête à démanteler, fin mai, son site d’essais atomiques, a annoncé hier l’agence d’Etat KCNA, relayée par l’AFP. Nouveau geste de Pyongyang avant le sommet historique entre son dirigeant Kim Yong-un et le président américain Donald Trump, le 12 juin à Singapour. «Une cérémonie de démantèlement du site d’essais atomiques est maintenant prévue entre les 23 et 25 mai, en fonction des conditions météorologiques» et en présence de journalistes étrangers invités, a indiqué l’agence, qui cite un communiqué du ministère nord-coréen des Affaires étrangères.

Les tunnels d’essais de Punggye-ri, une installation secrète près de la frontière avec la Chine, seront détruits par des explosions, ce qui bloquera leurs accès, selon le communiqué. Tous les sites d’observation et les centres de recherche seront évacués ainsi que le personnel de sécurité et les chercheurs, a ajouté le ministère en détaillant le processus de fermeture du site. Des journalistes de Chine, de Russie, des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et de Corée du Sud seront autorisés à accéder au site pour couvrir l’événement, dans un souci de «montrer de manière transparente le démantèlement du site d’essais nucléaires nord-coréen», a souligné le communiqué.

Le nombre de journalistes admis sera cependant limité en raison du manque de place dans le centre d’essais, «situé dans une zone montagneuse inhabitée», a expliqué le ministère. C’est à l’occasion d’un sommet intercoréen historique, le 27 avril, que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a proposé à Séoul de fermer, en mai, son seul site connu d’essais nucléaires. Ce site souterrain a été le théâtre des six essais nucléaires menés par Pyongyang, dont le dernier en date remonte à septembre.

Le site, entouré de sommets escarpés, est creusé profondément sous une montagne granitique de 2000 m d’altitude dans le Hamqyong du Nord, province du nord-est frontalière de la Chine. Il est réputé l’endroit idéal pour résister aux forces déchaînées par des explosions nucléaires. Son existence a été mise au jour en octobre 2006 avec le premier test nucléaire nord-coréen, du temps de Kim Jong Il, le père aujourd’hui décédé de Kim Jong-un. Vendredi, le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a déclaré que les Etats-Unis sont «prêts» à aider l’économie nord-coréenne et à apporter des «garanties» à Kim Jong-un, si Pyongyang prend des «mesures courageuses» en vue d’une «dénucléarisation rapide» et «complète».

Lors d’une rencontre avec son homologue sud-coréenne, Kang Kyung-wha, à Washington, les deux ministres ont réaffirmé leur demande d’une «dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible» de la péninsule coréenne. «Je pense qu’il y a un accord total sur ce que sont les objectifs ultimes», a observé Mike Pompeo, de retour de Corée du Nord où il a rencontré le dirigeant nord-coréen pour préparer son sommet du 12 juin avec Donald Trump. «Si la Corée du Nord prend des mesures courageuses pour une dénucléarisation rapide, les Etats-Unis sont prêts à travailler avec la Corée du Nord pour l’amener au même niveau de prospérité que nos amis sud-coréens», a-t-il dit. Il a expliqué avoir discuté avec le n° 1 nord-coréen de «problèmes profonds, complexes, de défis, de décisions stratégiques», que Kim Jong-un «devra prendre», «s’il est disposé à une dénucléarisation complète, en échange des garanties que nous sommes prêts à lui apporter». Le dirigeant nord-coréen a récemment dit que la dénucléarisation pouvait se «concrétiser», «tant que les différentes parties abandonnent leur politique hostile et les menaces» à l’encontre de Pyongyang.

Le président chinois, Xi Jinping, qu’il venait de rencontrer, a ensuite demandé à son homologue américain de prendre en compte les «préoccupations de sécurité raisonnables» des Nord-Coréens. De son côté, la ministre des Affaires étrangères sud-coréenne a assuré qu’il n’est pas question de commencer à lever les sanctions draconiennes contre la Corée du Nord avant des «mesures plus concrètes», «visibles et significatives» vers le démantèlement du programme nucléaire. Elle a assuré qu’il n’y a «aucune divergence» entre Washington et Séoul à l’approche de la rencontre entre Donald Trump et le président sud-coréen, Moon Jae-in, le 22 mai à la Maison-Blanche, et du sommet Trump-Kim le 12 juin à Singapour.

Categorie(s): monde

Auteur(s): R. I.

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