Elections législatives en Irak, Réagissez

Elwatan; le Dimanche 13 Mai 2018
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L’Irak a obtenu, en février, au Koweït 30 milliards de dollars d’engagements de ses alliés pour remettre sur pied ses infrastructures déficientes. Mais le pays est rongé par la corruption. D’où la colère de la population contre la classe politique qu’elle accuse d’inertie contre ce fléau dont elle profite. Le 4 mai, dans son prêche prononcé dans la ville sainte chiite de Kerbala, au sud de Baghdad, lors de la grande prière hebdomadaire du vendredi, Abdel Mehdi Al Kerbalaï, le représentant du grand ayatollah Ali Sistani, a appelé les Irakiens à «éviter de tomber dans les filets de ceux qui veulent vous duper, parmi ceux que vous avez déjà connus (au pouvoir) et les autres».

Il ne faut pas, a sou-tenu ledit représentant cité par l’AFP, reconduire des «candidats et des têtes de liste qui ont occupé des postes de responsabilité dans les législatures précédentes» et se sont révélés «des incapables et des corrompus». Le vote se tient dans un climat de tension régionale. L’Irak constitue le point de rencontre de deux ennemis : l’Iran, qui y a une forte influence à travers les partis chiites qui dominent la vie politique irakienne, et les Etats-Unis, qui ont contribué à la victoire dans le pays sur le groupe Etat islamique (EI), proclamée en décembre. Le scrutin doit départager 87 listes dans les 18 gouvernorats du pays. Les 329 sièges seront attribués propor-tionnellement au nombre de voix.

Les chiites en listes dispersées

Pour la première fois, les partis chiites ne se présentent pas sur une liste commune, en raison d’une lutte féroce pour le pouvoir entre les hommes forts de cette communauté, majoritaire en Irak. Les premiers résultats devraient être connus au plus tôt mardi.

La parcellisation des chiites ne devrait toutefois pas changer l’équilibre des forces entre communautés, dans un système calibré pour qu’aucune formation ne soit en position dominante, afin d’éviter le retour à la dictature. Au moins cinq listes chiites sont en compétition, notamment celles du Premier ministre, Haider Al Abadi, de son prédécesseur Nouri Al Maliki, qui n’a pas digéré d’avoir été écarté en 2014, et de Hadi Al Ameri, qui regroupe les anciens du Hachd Al Chaabi, forces supplétives qui ont pris part aux combats contre l’EI. Figurent aussi les listes des représentants de deux lignées de hauts dignitaires religieux : celles de Ammar Al Hakim et celle de Moqtada Sadr, qui a conclu une alliance inédite avec les communistes. De leur côté, les Kurdes risquent de perdre au moins une dizaine de sièges sur les 62 de la législature précédente.

En rétorsion au référendum d’indépendance organisé en septembre au Kurdistan irakien, les troupes gouvernementales ont repris la province pétrolière de Kirkouk et des territoires que les combattants kurdes contrôlaient de facto hors des limites officielles de leur région autonome. Quant à la minorité sunnite, qui a dominé le pays jusqu’à la chute de Saddam Hussein il y a 15 ans, elle devrait rester marginalisée. Contrairement aux trois scrutins précédents organisés depuis l’invasion emmenée par les Américains en 2003, cette campagne électorale n’a pas été accompagnée de violences, malgré les menaces des djihadistes.
 

Categorie(s): monde

Auteur(s): Amnay Idir

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