Golfe persique : Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson en Arabie Saoudite

Elwatan; le Jeudi 13 Juillet 2017
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Le chef de la diplomatie américaine s’est déjà rendu à Doha et à Koweït, un autre médiateur dans la dispute qui oppose l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte au Qatar à propos de son soutien présumé à des groupes extrémistes et de ses liens avec l’Iran. La veille à Doha, le Qatar et les Etats-Unis ont annoncé la signature d’un accord sur la «lutte contre le financement du terrorisme», une tentative de répondre aux accusations des adversaires de Doha. Accord jugé «insuffisant» par le quartet arabe anti-Qatar. Le secrétaire d’Etat américain a été reçu par le roi Salmane d’Arabie saoudite, comme il a aussi rencontré le prince héritier Mohammed Ben Salmane, pour ensuite entamer une réunion avec les ministres des Affaires étrangères saoudien, émirati, bahreïni et égyptien.

Un peu plus tard dans la journée, dans une lettre rendue publique, le ministre d’Etat aux Affaires étrangères des Emirats arabes unis, Anwar Gargash, a répondu à l’ONU, qui s’est inquiétée fin juin des appels à la fermeture de la chaîne Al Jazeera, y voyant une atteinte à la liberté de la presse. «Al Jazeera a fait la promotion d’un antisémitisme violent en diffusant le prêche du chef spirituel des Frères musulmans, Youssef Al Qaradoui, dans lequel il a rendu hommage à Hitler, qualifié l’holocauste de ‘‘punition divine’’ et ‘‘demandé’’ à Allah de prendre la bande du peuple juif et des sionistes (...) et de les tuer jusqu’au dernier», écrit A. Gargash.

La lettre, datée du 9 juillet et diffusée hier par le Conseil national des médias des Emirats arabes unis, a accusé également Al Jazeera, à travers d’autres exemples, d’avoir «incité à la violence et la discrimination», comme en donnant la parole à l’ancien chef d’Al Qaîda, Oussama Ben Laden. Le 30 juin, le haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a jugé «inacceptable» la demande de fermeture d’Al Jazeera. «L’exigence d’une fermeture (...) est, à notre avis, une attaque inacceptable du droit à la liberté d’expression et d’opinion», a-t-il affirmé.

L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont rompu le 5 juin avec le Qatar auquel ils imposent également des sanctions économiques, dont la fermeture de son unique frontière terrestre avec l’Arabie saoudite. Dans un communiqué portant sur l’accord conclu mardi entre Washington et Doha, les quatre pays arabes ont dit «ne pas se fier» au Qatar pour avoir, selon eux, failli à de précédents engagements et «en l’absence de normes de contrôle» de ses activités. Ils ont indiqué maintenir leur embargo «tant que les autorités qataries n’auront pas satisfait à l’ensemble de (leurs) demandes».

Pour lever leurs sanctions, les quatre pays ont exigé le 22 juin la satisfaction de 13 demandes, dont la fermeture de la chaîne de télévision Al Jazeera et d’une base militaire turque, ainsi qu’une révision des liens avec l’Iran. Doha a rejeté en bloc ces demandes, estimant qu’elles violent sa souveraineté. Son ministère de la Défense a annoncé, mardi soir sur Twitter, l’arrivée d’un cinquième contingent de l’armée turque au Qatar.

Téhéran hostile aux sanctions

Par ailleurs, le chef de la diplomatie du sultanat d’Oman, Youssef Ben Alaoui Ben Abdallah, a entamé hier une visite de deux jours en Iran. A cette occasion, les deux pays ont exprimé leur détermination à développer leurs relations. «L’Iran et Oman ont eu durant des années des relations fraternelles et il faut les renforcer», a déclaré le président iranien, Hassan Rohani. Il a de nouveau critiqué les sanctions économiques imposées au Qatar par Riyad et ses alliés.

Depuis leur mise en place, Téhéran a aidé Doha en augmentant ses exportations de produits alimentaires vers l’émirat. «L’utilisation de la menace, des pressions et le blocus contre les voisins, notamment le Qatar, est une méthode erronée et tout le monde doit essayer de réduire ces tensions dans la région», a relevé le président iranien. Il a également dénoncé la «politique de certains pays de la région contre la Syrie, le Yémen et Bahreïn», sans nommer l’Arabie Saoudite.

L’Iran dénonce régulièrement les bombardements de la coalition arabe menée par Riyad au Yémen, où Téhéran soutient les rebelles houthis, et accuse aussi le royaume wahhabite et ses alliés de soutenir les groupes rebelles et djihadistes en Syrie et en Irak.  De son côté, le chef de la diplomatie omanaise a qualifié les relations de son pays avec l’Iran d’«amicales, fortes et fraternelles» et «les dirigeants omanais croient qu’il faut les développer». Oman, qui fait traditionnellement preuve de neutralité dans les affaires régionales, n’est pas impliqué dans la crise du Golfe. Il partage avec l’Iran la surveillance du détroit d’Ormuz.

Sa population nationale comprend des minorités religieuses et ethniques qui vivent dans une coexistence pacifique. Mascate veille en parallèle à garder de bonnes relations avec Washington. Le sultanat a abrité les pourparlers secrets entre l’Iran et les Etats-Unis ayant abouti à l’accord intérimaire conclu en novembre à Genève. Accord qui limite pour six mois les activités nucléaires iraniennes en échange d’une levée partielle des sanctions économiques occidentales.

Categorie(s): monde

Auteur(s): R. I.

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