Ils mènent depuis hier un mouvement de grève de la faim inédit, Réagissez

Elwatan; le Mardi 18 Avril 2017
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Près de 1500 Palestiniens dans les prisons israéliennes ont entamé hier une grève illimitée de la faim pour protester contre les mauvaises conditions de leur détention. Ce mouvement, lancé sous le slogan de «Grève de la liberté et de la dignité», a coïncidé avec la Journée internationale de solidarité avec les prisonniers palestiniens, célébrée le 17 avril de chaque année depuis 1974. Il est mené par les prisonniers du Fatah, dont le haut représentant n’est autre que Marwan Al Barghouti, membre du comité central et dirigeant influent du mouvement malgré sa présence en prison depuis le 14 avril 2002.

La grève de la faim vise à «mettre fin aux abus» de l’administration pénitentiaire israélienne, a expliqué l’initiateur de ce mouvement, Marwan  Al Barghouti, dans une tribune envoyée au quotidien New York Times depuis sa prison de Hadarim, en Israël. Il a été condamné par les autorités israéliennes cinq fois à perpétuité pour ses activités au cours de l’Intifadha d’El Aqsa, déclenchée en septembre 2000.

Les deux plus anciens prisonniers palestiniens, Karim Younes et Maher Younes, détenus depuis 1983, sont parmi les grévistes, en plus de Diya Al Agha, qui a été embastillé avant la signature des Accords d’Oslo en 1993. N’était la division qui touche les rangs des Palestiniens, ce mouvement aurait été plus important. Mais il n’est pas exclu que les prisonniers appartenant au mouvement Hamas se joignent à l’action.

La lutte continue

Pour arrêter le mouvement de grève, Al Barghouti, principal meneur de la grève illimitée de la faim, a posé 13 conditions (dont deux ne sont pas négociables) aux autorités pénitentiaires israéliennes. Les prisonniers palestiniens attendent d’elles qu’elles améliorent leurs conditions de détention, installent un téléphone public dans les cellules et leur accordent le droit de visite. Le militant du Fatah a indiqué qu’aucune négociation n’a pour le moment été lancée avec les autorités pénitentiaires israéliennes.

Les autorités israéliennes, représentées par le ministre de la Sécurité intérieure, ont déjà fait savoir que leur politique est de ne pas négocier avec les prisonniers. Elles ont indiqué aussi qu’elles allaient prendre des mesures adéquates pour arrêter la grève. Certaines ont déjà commencé. Les autorités pénitentiaires israéliennes ont fait changer le lieu de détention des meneurs, confisqué des biens de prisonniers en grève, transformé des cellules en cellules d’isolement et pris d’autres mesures tendant à réprimer le mouvement de grève des prisonniers.

Le président palestinien et chef du Fatah, Mahmoud Abbas, a adressé ses encouragements aux prisonniers et salué leur grand courage. Il a affirmé la poursuite des efforts visant leur libération pour mettre un terme à leurs souffrances. Le président Abbas a, par ailleurs, appelé la communauté internationale à intervenir rapidement pour sauver la vie des prisonniers, après avoir mis en garde quant à une aggravation de la situation à cause de l’intransigeance du gouvernement israélien et de son refus à répondre aux doléances des prisonniers.

Répression sauvage

Des doléances qui, a-t-il dit, sont conformes aux textes des accords et conventions internationaux, en particulier la 4e convention de Genève. Sur le terrain, particulièrement en Cisjordanie occupée, des milliers de Palestiniens sont sortis dans plusieurs villes et localités manifester leur «soutien indéfectible» aux prisonniers et à la lutte qu’ils mènent contre leurs geôliers. La plus grande manifestation populaire s’est déroulée à Ramallah.

Des ministres du gouvernement, des membres du comité central du Fatah et d’autres  du Conseil législatif palestinien étaient parmi les milliers de manifestants qui arboraient des drapeaux palestiniens et des photos de prisonniers. Ce n’était que le premier jour d’une bataille qui s’annonce longue et rude. De leur côté, les prisonniers se disent décidés à mener leur combat jusqu’au bout, quels que soient les sacrifices qu’ils doivent consentir.
             
 
850 000 prisonniers depuis 1967

Depuis 1967 et l’occupation par l’armée israélienne des Territoires palestiniens, plus de 850 000 Palestiniens ont été emprisonnés par Israël. Ces dernières années, plusieurs détenus se sont lancés dans des grèves de la faim individuelles pour protester contre leur détention arbitraire.

Pour eux, la seule arme est la grève de la faim, ils en ont mené de nombreuses au fil des décennies d’occupation, certaines très longues, beaucoup d’entre elles victorieuses. Parmi les 6500 Palestiniens actuellement détenus dans les prisons israéliennes figurent 62 femmes et 300 mineurs (garçons et filles).

Environ 500 d’entre eux sont sous le régime extra-judiciaire de la détention administrative qui permet une incarcération sans procès ni inculpation. Treize députés palestiniens sont aussi emprisonnés, selon des chiffres officiels. R. I.

 

Categorie(s): monde

Auteur(s): Fares Chahine

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