L’arabie Saoudite intercepte un nouveau missile tiré par les rebelles yéménites, Réagissez

Elwatan; le Mercredi 20 Decembre 2017
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L’Arabie Saoudite a intercepté hier, au-dessus de Riyad, pour la deuxième fois depuis début novembre, un missile balistique tiré par les rebelles yéménites houthis, rapporte l’AFP. Tir qualifié par le royaume wahhabite d’«irano-houthi». «Un missile balistique tiré depuis le Yémen a été intercepté et détruit dans le sud de Riyad, sans faire de victime», a déclaré le porte-parole de la coalition militaire dirigée par l’Arabie Saoudite, Turki Al Malki. «Il visait des zones résidentielles très peuplées à Riyad», a-t-il indiqué.

Alors que le tir effectué par les Houthis le 4 novembre ciblait l’aéroport international, celui d’hier visait le palais Yamama, la résidence officielle du roi Salmane, a de son côté relevé la rébellion yéménite. Le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salmane, a accusé, début novembre, Téhéran d’«agression directe» contre son pays en armant les Houthis. Accusations rejetées par l’Iran.

De leur côté, les Etats-Unis ont présenté jeudi des «preuves irréfutables» de ventes de missiles par l’Iran aux Houthis. L’Iran les soutient mais dément leur fournir des armes. Selon Téhéran, les affirmations de Washington constituent «une accusation (...) infondée, irresponsable, provocatrice et destructive».

L’une des premières réactions de l’Arabie Saoudite après le tir de missile des Houthis sur Riyad le 4 novembre a été de renforcer le blocus sur le Yémen, aggravant la situation humanitaire. Le 14 décembre, l’ambassadrice américaine à l’Organisation des Nations unies (ONU), Nikki Haley, a déclaré que ce missile a été «fabriqué en Iran». Téhéran réplique que Washington cherche à masquer son propre rôle dans le conflit yéménite.

Un bourbier pour le royaume wahhabite

Le conflit au Yémen oppose des forces progouvernementales, appuyées par la coalition sous commandement saoudien, aux Houthis qui se sont emparés en septembre 2014 de la capitale Sanaa et de vastes régions du pays. Il a fait plus de 8750 morts, dont de nombreux civils, et provoqué «la pire crise humanitaire de la planète», selon les Nations unies.

En outre, plus de 2000 personnes sont mortes du choléra. Le blocus a été allégé, à la suite de fortes pressions internationales sur le royaume saoudien, mais l’ONU estime que la coalition doit aller plus loin. Après le tir de missile de mardi, le porte-parole de la coalition arabe au Yémen a affirmé que «la poursuite des tirs de missiles balistiques» en direction de l’Arabie Saoudite était «la preuve évidente de l’utilisation par les Houthis des ports destinés à accueillir de l’aide pour introduire clandestinement des missiles iraniens au Yémen».

Par ailleurs, un porte-parole du haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Rupert Colville, a déclaré hier qu’au moins 136 civils ont été tués au Yémen en 10 jours par les raids aériens de la coalition dirigée par l’Arabie Saoudite, déplorant l’«intensification» de ces attaques aériennes.

«Nous sommes profondément préoccupés par la récente augmentation du nombre de civils tués ou blessés au Yémen à la suite de l’intensification des frappes aériennes menées par la coalition dirigée par l’Arabie Saoudite, suite à la mort de l’ex-président (du Yémen) Ali Abdallah Saleh le 4 décembre», a déclaré le diplomate onusien. «Notre bureau au Yémen a vérifié la mort de 136 civils (...) et 87 autres blessés à la suite de frappes aériennes» dans les gouvernorats de Sanaa, Saada, Taïz, Al Hudaydah et Marib, «entre le 6 et le 16 décembre», a-t-il relevé.

Et de poursuivre : «Nous exhortons toutes les parties en conflit à respecter leurs obligations en vertu du droit international humanitaire.» Au moins sept civils ont ainsi été tués, lorsque des frappes aériennes ont visé un hôpital à Al Hudaydah le 10 décembre, selon l’ONU, qui précise que «certains véhicules militaires houthis auraient été à proximité de l’enceinte de l’hôpital au moment des frappes aériennes».

Par ailleurs, la coalition a effectué sept frappes aériennes le 13 décembre qui ont touché un complexe de la police militaire dans le district de Shaub à Sanaa. D’après l’ONU, ces frappes ont visé une prison, tuant au moins 45 personnes et faisant 53 blessés. Toutes les victimes sont des détenus, selon les informations recueillies par l’ONU.

A relever que le 16 décembre, une femme et neuf enfants, qui rentraient d’un mariage, ont été tués par des raids dans le gouvernorat de Marib. Cette coalition menée par Riyad est intervenue dans le conflit yéménite en mars 2015 pour stopper l’avancée des rebelles houthis qui ont conquis de vastes régions du pays, dont la capitale, toujours sous leur contrôle.

La coalition a été régulièrement critiquée dans le passé pour des «bavures» à répétition ayant fait des victimes civiles lors de frappes aériennes. En juin 2017, Human Rights Watch (HRW) a affirmé que les Emirats arabes unis, membre important de la coalition après Riyad, administrent au moins deux «structures de détention informelles» au Yémen. Abu Dhabi dément.

Fin septembre, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU décide d’envoyer des experts internationaux pour enquêter sur les allégations de crimes de guerre. Le 23 août, la direction des Houthis qualifie de «traître» l’ex-président Saleh pour les avoir présentés comme des «miliciens». Fin novembre, la crise dégénère à Sanaa, où de violents combats éclatent entre les deux alliés. Le 4 décembre, Ali Abdallah Saleh, qui a tendu la main à l’Arabie Saoudite, est tué par les rebelles, qui renforcent leur emprise sur Sanaa.

Categorie(s): monde

Auteur(s): Amnay Idir

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