L’islamophobie et le racisme gagnent du terrain dans les villes britanniques : Le Royaume-Uni face au terrorisme d’extrême droite

Elwatan; le Mercredi 20 Juin 2018
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«La menace la plus importante vient du terrorisme islamiste. Mais le terrorisme d’extrême droite constitue aussi une menace grandissante», a déclaré le ministre de l’Intérieur Sajid Javid, en annonçant une nouvelle stratégie antiterroriste. Au cours des cinq dernières années, quatre attentats terroristes ont été perpétrés au Royaume-Uni par des «acteurs solitaires motivés à des degrés divers par des idéologies d’extrême droite», indique un rapport gouvernemental dévoilant cette stratégie  baptisée Contest. Parmi eux, Darren Osborne, un Gallois de 48 ans qui, le 19 juin 2017, avait projeté sa voiture sur un groupe de musulmans près de la mosquée de Finsbury Park, à Londres, tuant un homme et en blessant douze autres.

Ce père de famille s’était radicalisé en quelques semaines, développant une obsession contre les musulmans, nourrie de la consultation compulsive de contenus haineux sur internet.

En outre, quatre attaques terroristes d’extrême droite ont été déjouées depuis 2017, avait révélé en février Mark Rowley, à l’époque chef du contre-terrorisme britannique, qualifiant de «préoccupante» la croissance du terrorisme d’extrême droite. «Il y a une nette augmentation à la fois du rythme des attaques menées par les extrémistes de droite et de la gravité, de la létalité, d’une telle violence», souligne à l’AFP Matthew Henman, chef du Centre international d’analyse du terrorisme Jane, à IHS Markit.

Si, il y a quelques années, l’extrême droite se limitait à de petits groupes anti-immigration aux membres vieillissants, qui présentaient, selon les autorités, un très faible risque pour la sécurité nationale, de nouveaux groupes ont en effet émergé comme l’organisation néo-nazie National Action, ou les groupuscules Britain First et Generation Identity, et une nouvelle génération d’extrémistes, plus jeunes et connectés, a vu le jour.
Trois des cinq «prêcheurs de haine» les plus suivis dans le monde sont britanniques, cumulant chacun plus d’un million d’abonnés sur différents réseaux sociaux, relève l’organisation antiracisme Hope Not Hate.

Il s’agit de Stephen Lennon, connu sous le nom de Tommy Robinson, fondateur de l’English Defense League, qu’il a quittée en 2013, de Paul Joseph Watson, un jeune Anglais dont les vidéos font des centaines de milliers de vues, et de Katie Hopkins, qui avait scandalisé l’opinion en traitant les migrants de «cafards» dans les colonnes du tabloïd The Sun. Pour Hope Not Hate, «les autorités ne parviennent pas à prendre la mesure et à s’attaquer à cette menace d’extrême droite en ligne croissante et à la haine antimusulmane en général».

Le Conseil musulman du Royaume-Uni (MCB), organisation représentative des musulmans britanniques, a aussi dénoncé un climat islamophobe, couvant au sein même du Parti conservateur au pouvoir. De son côté, Matthew Henman estime qu’il y a eu des «signaux encourageants» des autorités, qui ont déjoué des complots terroristes et interdit National Action en décembre 2016, quelques mois après l’assassinat de la députée travailliste Jo Cox par un sympathisant néo-nazi. Un acte perpétré peu avant le référendum sur le Brexit qui avait libéré la parole xénophobe au Royaume-Uni. Mais National Action continue d’œuvrer dans l’ombre.

 

Categorie(s): monde

Auteur(s): A. Z. et agences

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