Le développement y est inexistant : Matmat, un village au cœur des dunes

Elwatan; le Dimanche 15 Janvier 2012
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Il comprend quelques maisons éloignées les unes des autres, construites en pierre et en gypse traditionnel. Leur nombre avoisine la trentaine, correspondant à une cinquantaine de familles. Ce village, administrativement dépendant de la daïra de Taïbet, est situé au cœur des dunes de sable à 60 km du chef-lieu de cette daïra et 20 km à travers les dunes à partir de Goug (daïra de Temacine).
L’occasion de visiter ce petit village isolé s’est présentée grâce à un déplacement officiel, en empruntant l’itinéraire en 4x4 à partir de Goug, accompagnés des autorités locales de la daïra de Taïbet, à savoir le chef de daïra, le président d’APC et quelques élus, le subdivisionnaire de l’agriculture et le médecin responsable du service de prévention sanitaire.

L’accueil des habitants de cette localité était très chaleureux, la population a regroupé ses habitations autour du mausolée de la sainte Lalla Mardhia, dont le destin a voulu qu’elle soit inhumée en ce lieu qui reçoit à longueur d’année des visiteurs venant de partout. Ce qui frappe d’emblée dans ce village, c’est l’inexistence du minimum nécessaire à la vie moderne, l’absence totale de ressources énergétiques et hydriques : pas d’électricité et d’alimentation en eau potable. Les habitants n’ont jamais bénéficié de centres médico-sociaux : les accouchements se font  d’une manière traditionnelle et les enfants ne sont évidemment pas scolarisés et pas sérieusement pris en charge sur le plan des vaccinations obligatoires (pas de frigos pour la conservation des vaccins, alors que les morsures de scorpions et de vipères sont fréquentes dans cette région, ce qui engendre parfois des décès), le contrôle médical n’a lieu que rarement durant l’année.

Les habitants, dont le sort a fait qu’ils soient ainsi, vivent dans des conditions déplorables.
En effet, leurs biens se résument à quelques dromadaires et palmiers dattiers, leurs enfants n’ont jamais connu l’école, l’approvisionnement en eau se fait à partir d’un puits traditionnel à pompage manuel qu’ils partagent avec leurs bêtes. Une image singulière a attiré notre attention de visiteurs abasourdis par la vision presque invraisemblable d’une file d’attente constituée de nombreux dromadaires en train de laper la faible quantité d’eau pompée manuellement du puits, au moment où certains habitants patientaient devant la source d’eau afin de s’approvisionner, attendant leur tour.

Richesse unique de cette population,  le dromadaire est connu pour être un grand consommateur d’eau, d’où la nécessité de creuser plus de puits et d’installer des abreuvoirs, et pourquoi pas des kits de pompage solaire pour faire face au manque d’eau. La seule daïra de Taïbet compte plus de trois milles têtes camelines, son développement semble dépendre de la valorisation du cheptel camelin et du soutien de la tradition d’élevage. Les officiels ont évidemment promis une amélioration de la situation de Matmat, dont la population est très consciente des solutions possibles permettant de développer et d’améliorer ses conditions de vie.
La volonté des hommes, leur solidarité et leur désir de prendre en main leur destin ne manquent pas, reste donc la volonté des décideurs !  
 

Categorie(s): actu régions

Auteur(s): Bachir Bouchekima

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