Le HCR tire la sonnette d'alarme : 3,5 millions d'enfants réfugiés privés d’école

Elwatan; le Mercredi 13 Septembre 2017
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S’appuyant sur les statistiques, très peu réjouissantes, mises en relief dans le tout dernier rapport de l’institution onusienne en charge des réfugiés intitulé «Oublié : l’éducation des réfugiés en crise», le même communiqué fait état de 17,2 millions de réfugiés dans le monde, qui sont sous la protection du HCR, dont plus de la moitié sont des enfants en âge de scolarité. Et ce, au moment où les données de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) sur l’état de la scolarité dans le monde font ressortir que 91% des enfants fréquentent l’école primaire à l’échelle mondiale alors que dans le cas des réfugiés, ce pourcentage est d’à peine 61%, et dans les pays à faible revenu, il est inférieur à 50%.

Pourtant, «l’éducation de ces jeunes est cruciale pour le développement pacifique et durable des pays hôtes, ainsi que pour leur pays d’origine, lorsqu’ils peuvent revenir», insiste le haut commissaire des Nations unies aux réfugiés, Filippo Grandi. Malheureusement, regrette-t-il, «par rapport aux autres enfants et adolescents du monde entier, l’écart entre les possibilités de réfugiés continue d’augmenter». Au fur et à mesure que les enfants réfugiés grandissent, les obstacles augmentent : seulement 23% des adolescents réfugiés sont inscrits au secondaire, contre 84% des adolescents à l’échelle mondiale.

Dans les pays à faible revenu, seulement 9% des réfugiés peuvent aller au secondaire. La situation dans l’enseignement supérieur, l’état des lieux dressé par le HCR n’en est pas moins sombre. Partout dans le monde, le pourcentage d’inscriptions à l’université est de 36%. Pour les réfugiés, bien que des  améliorations majeures aient été enregistrées grâce à l’investissement dans des bourses d’études et d’autres programmes de formation, le pourcentage reste figé autour de 1%. Avec de telles «performances» et à défaut d’agir pour inverser la tendance, la communauté internationale risque de rater ses objectifs de transformation du monde d’ici à 2030, prévient-on.

Ainsi, c’est le quatrième objectif où il est question d’ «assurer une éducation inclusive et de qualité pour tous et promouvoir l’apprentissage tout au long de la vie» qui risque de ne pas aboutir, si l’on continue de négliger les besoins éducatifs des populations vulnérables, y compris les réfugiés et les autres personnes déplacées par la force, insistent les représentants du HCR En Espagne. Car, mettent-ils en garde, «si l’éducation est négligée, de nombreux autres objectifs de développement liés à la santé, à la prospérité, à l’égalité ou encore à la paix pourraient être également compromis».

Partant, le HCR, à travers son nouveau rapport, tente de sensibiliser, une fois encore, les gouvernements à la nécessité de considérer l’éducation comme «élément-clé dans la réponse aux situations d’urgence des réfugiés» et d’inclure ces derniers dans leurs systèmes éducatifs nationaux pour une «réponse plus efficace, plus équitable et plus durable» à cette fort pesante problématique. Et le même communiqué de conclure en saluant «les efforts remarquables déployés pour mettre en œuvre une telle politique, notamment dans les pays ayant des ressources très limitées».           
 

Categorie(s): monde

Auteur(s): Naima Benouaret

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