Le pouvoir resserre les rangs, l’opposition dispersée

Elwatan; le Mercredi 13 Septembre 2017
141667

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, tente de colmater les fissures apparues sur la masse hétéroclite des soutiens de Bouteflika. Le pouvoir avance ses pions. L'opposition attend...
Après la rencontre des principaux partis qui soutiennent le président Bouteflika (FLN, RND, MPA et TAJ), tenue hier mardi au Palais du gouvernement, sous la houlette d’Ouyahia, c’est au tour de l’UGTA de réunir, au Palais du Peuple, les dirigeants de 8 organisations patronales. Le partenaire social « officiel » s’apprête, comme à son habitude, de peser de tout ce qui lui reste de poids pour convaincre le peu de travailleurs qui daigneront l’écouter, de la nécessité de « soutenir le programme de son excellence ».

 

Les organisations patronales, quant à elles, n’ont pas d’autres choix que de suivre la caravane, pour ne pas subir de probables représailles. L’exemple de Cevital est édifiant ! D’ailleurs, ce matin, le FCE  a réuni son Comité exécutif, pour exprimer son " soutien" au plan d’action du gouvernement.  

 

Ces mouvements de troupes, devenus classiques en Algérie, surviennent, cette fois-ci, comme pour faire oublier le conflit qui a opposé l’ex Premier ministre, Tebboune, au président du FCE, Ali Haddad et donner l’image d’un clan solidaire et soudé. Mais, préserver le pouvoir devient de plus en plus difficile, depuis la dégringolade des prix du pétrole en 2014. La manipulation des foules et l'achat de la paix sociale exigent des fonds considérables, alors que les caisses de l'Etat sont presque vides.  

 

Les tenants du pouvoir en Algérie sont, également, harcelés par les appels lancés par des partis politiques et des activistes, pour l’application de l’article 102 de la Constitution, relatif à la vacance de la présidence de la République. En parallèle à cette campagne « 102 », d’autres voix ont invité l’armée à intervenir pour imposer une période de transition politique. Cette dernière revendication, fait pour le moins étrange, est  portée par des figures qui se réclament du combat pour la démocratie.  

 

L’équipe au pouvoir, se trouvant dans une position aussi inconfortable que menaçante, s’échine à garder ses privilèges, en se rassemblant autour du portrait d’un président malade et absent. Une situation qui risque de perdurer des années, en l’absence d’opposition politique unifiée, capable d’imposer le changement de manière pacifique et sans faire appel à l’armée. 

 

Le rêve d’une opposition politique cohérente et solide, né après la rencontre de juin 2014 à Mazafran, s’est évaporé à l’approche des élections législatives de mai dernier. Aujourd’hui, ces partis, dispersés et affaiblis par les restrictions politiques et les luttes intestines, n’ont pas d’autre alternative que celle de faire cause commune. 

Categorie(s): actualités

Auteur(s): Farouk Djouadi

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..