Le rôle d’Ankara en Syrie selon The Independent, Réagissez

Elwatan; le Dimanche 11 Fevrier 2018
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Cette information, relatée par le quotidien britannique The Independent, repose notamment sur un témoignage, celui de Faraj, un ancien élément du groupe terroriste qui explique que «la plupart de ceux qui combattent à Afrine contre les YPG (les Kurdes des Unités de protection du peuple, ndlr) viennent de l’Etat islamique, même si la Turquie les a entraînés à changer leurs tactiques d’assaut».

L’ancien combattant islamiste, qui opérait dans le nord-est de la Syrie lorsqu’il était dans les rangs de Daech, assure que «la Turquie n’a jamais eu pour véritable intention de combattre l’Etat islamique». L’intérêt d’un tel recrutement pour les autorités turques, ajoute le journal, est entre autres de bénéficier d’un large réservoir de soldats professionnels expérimentés.

En outre, d’importantes pertes dans les rangs de ces anciens terroristes — qui ne sont pas de nationalité turque — n’auraient pas de conséquences politiques pour le gouvernement d’Ankara. Le témoignage de Faraj tend à confirmer les déclarations précédentes des combattants kurdes qui soutiennent que la Turquie a enrôlé des terroristes de Daech dans le cadre de l’opération «Rameau d’olivier». L’information du quotidien britannique The Independent sur l’existence d’un deal entre l’armée turque et Daech est tombée au moment où les Etats-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions ciblées contre plusieurs soutiens du groupe terroriste autoproclamé Etat islamique (EI) à travers le monde, désormais inscrits sur la liste noire américaine des «terroristes». Cette liste confirme les accusations qui pèsent sur la Turquie.

Les mesures punitives du Trésor américain visent trois personnes et trois sociétés qui appartiennent à deux d’entre elles. Il s’agit de «facilitateurs de l’EI en Asie du Sud-Est, au Moyen-Orient et en Afrique», affirme le Trésor dans un communiqué. «L’administration est déterminée à vaincre l’EI où qu’il soit, en coupant ses sources de revenus illicites», a déclaré le responsable du Trésor pour la lutte antiterroriste et le renseignement financier, Sigal Mandelker, dans ce communiqué. «Chaque individu et entité ciblés a contribué à semer la terreur de l’EI dans sa partie du monde.»

Washington s’impatiente

La première cible des sanctions est Abdulpatta Escalon Abubakar, considéré par Washington comme un «facilitateur-clé de l’EI et de son réseau aux Philippines depuis au moins janvier 2016». Il est accusé d’avoir fourni argent, armes et munitions au groupe terroriste.
Les sanctions concernent aussi Yunus Emre Sakarya et sa société Profesyoneller Elecktronik, basée en Turquie, soupçonnés d’avoir fourni de la logistique à l’EI.

Enfin, Mohamed Mire Ali Yufus et ses sociétés Liibaan Trading et Al Mutafaq Commercial Company, basées en Somalie, sont sanctionnés pour leur soutien notamment financier à des groupes affiliés à l’EI dans ce pays de la Corne de l’Afrique. Les biens ou intérêts de ces personnes et sociétés qui se trouvent aux Etats-Unis sont déjà gelés, et il est interdit aux ressortissants américains d’engager toute sorte de transaction avec eux. S’agissant de l’opération «Rameau d’olivier», l’entourage du secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, a dit s’attendre à des discussions «difficiles», la semaine prochaine à Ankara, avec la Turquie notamment sur le conflit en Syrie. «Nous les exhortons à faire preuve de retenue dans leurs opérations à Afrine, et à faire preuve de retenue tout le long de la frontière dans le nord de la Syrie», a déclaré vendredi à des journalistes un haut responsable du département d’Etat américain, avant la tournée du chef de la diplomatie au Moyen-Orient et en Turquie.

L’idéal serait de «mettre fin» à ces opérations «le plus vite possible», a-t-il ajouté, promettant un message «ferme» à cet égard. Ankara a lancé fin janvier une offensive dans le Nord-Ouest syrien contre une milice kurde considérée comme «terroriste» par les autorités turques mais soutenue et armée par Washington pour lutter contre Daech. Cette opération a tendu les relations déjà compliquées entre les deux pays, d’autant que le président turc, Recep Tayyip Erdogan, appelle aussi les Etats-Unis à retirer leurs soldats de la ville syrienne de Minbej d’où il veut chasser cette milice.

 

Categorie(s): monde

Auteur(s): Aniss Z.

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