Les Oranais veulent marquer : L’événement à n’importe quel prix

Elwatan; le Jeudi 30 Decembre 2010
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Parmi les indifférents, beaucoup s’abstiennent pour des raisons religieuses, pensant (peut-être à tort) que cette fête est liée à la naissance du Christ et, par conséquent, en inadéquation avec l’Islam ; d’autres n’ont tout simplement plus le cœur à cela. De l’autre côté, il y a les fêtards qui se préparent pour un repas copieux et surtout bien arrosé. Les débits de boissons sont soumis à une décision de wilaya qui, en temps normal, leur interdit d’ouvrir le vendredi. Ce sera peut-être l’exception pour ce vendredi 31 décembre. «Nous allons ouvrir à partir de 15h pour marquer l’événement, sauf si les autorités exigent de nous de fermer», indique un gérant d’un bar-restaurant situé au centre-ville et qui, habituellement, draine une clientèle nombreuse.


Un autre établissement du même type propose même, dès maintenant, un repas à 2500 DA, boisson non comprise dans le tarif. «L’année dernière, nous avons travaillé jusqu’à 5h du matin», explique une employée de l’établissement qui devra, cette fois, travailler le jour de son congé avec comme consolation une prime promise par le patron des lieux. Au lieu de se retrouver dans des lieux publics, nombreux sont ceux qui préfèrent l’intimité, entre amis. «Nous cotisons chacun 2000 DA, la moitié pour la boisson et le reste pour le repas et avec cela, nous sommes sûrs de passer un bon réveillon avec l’ambiance que nous sélectionnons nous-mêmes», indique un habitué de ce type d’organisation qui a l’avantage de disposer d’une petite maison sur la corniche oranaise. Les formules en public ne manquent pas à Oran avec la prolifération des salles des fêtes. Certains endroits optent même pour des DJ qui viennent spécialement de l’étranger : 5000 DA l’entrée et 4000 en pré-vente. D’autres improvisent des idées nouvelles pour l’Algérie, comme ce gérant de salle qui a opté pour un «bal masqué».

Pour chaque catégorie, avec ou sans boissons alcoolisées, la clientèle existe. Cependant, ce qui relie tout le monde c’est bien la bûche qu’on achète, même si on ne compte pas forcément faire la fête, mais juste passer un moment de convivialité familiale. Là aussi, il y en a à tous les prix, à partir de 450 DA. Un pâtissier bien en vue sur la rue d’Arzew propose une bûche standard à 1500 DA. «Tout ce que vous voyez là est déjà vendu, il faut attendre les nouvelles fournées», explique le gérant, qui estime à 1200 le nombre de pièces écoulées l’an dernier. Même chose du côté du Front de mer, avec des pièces dont le prix peut atteindre 2900 DA en fonction des commandes, mais là il faut attendre la journée du vendredi pour admirer les bûches les plus décorées, avec notamment des motifs traditionnels comme le tarbouche ou les babouches, une manière de les rendre plus accessibles culturellement.   
 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Djamel Benachour

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