Littoral oranais : Une baignade rafraîchissante à Aïn El Hamia

Elwatan; le Lundi 15 Aout 2016
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Aïn El Hamia, qui abrite toujours un bain traditionnel au soufre jaillissant des entrailles de la terre, est la destination préférée des familles dites conservatrices. Aujourd’hui, le décor dans cette plage est hélas affligeant : aucune structure d’accueil, un parking pour lequel se disputent des jeunes, des baraques en guise de snacks et une absence totale d’hygiène. Les sacs en plastique parachèvent un décor illuminé sous le soleil écrasant du mois d’août.

Et pourtant, des dizaines d’estivants sont comme aveuglés par l’éclat de la mer et plongent et replongent dans cette grosse flaque salée. Il fait plus de 35°C. On suffoque sous les parasols et dans les tentes de fortune érigées avec des draps le long de la minuscule plage. Les enfants, surtout eux, peuplent l’eau et la font bouillir par des acrobaties à ne pas finir. Les maîtres nageurs, du haut de leur perchoir rouillé, sondent les alentours et utilisent tantôt le sifflet, tantôt le cri, pour mettre un peu d’ordre dans cette mêlée frénétique. Un peu plus haut, cachées sous de jolis pins, quelques familles ont élu domicile et offrent une image d’un camping résumé en quelques mètres carrés. Nous rencontrons sur la plage Omar, qui porte une petite barbichette, torse nu, mais en pantalon. «Je viens ici depuis 20 ans», tient à nous signaler cet habitué des lieux qui fait bronzette sous le soleil de 16h. Aujourd’hui, il vient surtout, dit-il, accompagner ses 2 enfants, pataugeant devant lui dans une espèce de bassin naturel rocheux excavé par les vagues.

Omar et Ayoub ont 5 et 11 ans, maigrichons et vêtus de slip en guise de maillot de bain, mais paraissant très contents, ne cessent de faire des signes à leur papa qui leur répond par des sourires. Il prend une bouteille d’eau minérale et appelle ses enfants : «Il faut les désaltérer chaque heure. Ils sont dans la mer depuis 2 heures, ils ne sont pas sortis de l’eau ces phoques !» Mohcine, c’est son nom, habite haï Nour, et travaille comme menuisier en aluminium. Il dit préférer Aïn El Hamia, parce que cela répond à ses convictions religieuses puisqu’il n’y a pas de mixité.

On lui montre des filles non voilées assises non loin. «Elles ne me dérangent pas. Par contre, dans certaines plages de l’Ouest, c’est l’enfer. Trop d’exhibition. C’est pas pour moi». Idem pour Djaffar, la vingtaine révolue, assistant d’un architecte : «J’adore les plages de la côte est. Je me retrouve parmi des gens simples, sans artifices». Djaffar se rend chaque fois que possible à la plage de Oued El Ghamek (la rivière profonde), à Kristel, une plage très difficilement accessible. C’est en ce lieu, à longueur d’année, qu’il aime exercer son sport favori : la plongée sous-marine. Cette partie du littoral oranais, loin de toute pollution, commence cependant à souffrir des aléas de l’homme. Djaffar nous dévoile : «Il y a des parties sous l’eau où il n’y a plus aucune vie, je suppose que cela est dû à la pêche à la mine, pourtant interdite». Les plages de l’est d’Oran, comme La Française ou encore Aïn Defla, à l’image de Aïn El Hamia, bien que beaucoup moins fréquentées que celles de l’ouest, ont un réel cachet de plages «embusquées» sous les pins, vraiment méditerranéennes, mais commencent à dépérir sous les bottes d’un urbanisme sauvage… quelques mètres plus haut.
 

Categorie(s): oran

Auteur(s): K. A.

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