Maamar Djiriou. Directeur du complexe des plastiques de Chlef : «La formation aux métiers est le maillon faible»

Elwatan; le Jeudi 6 Novembre 2014
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- Comment analysez-vous la situation de l’emploi à Chlef ?

Le nombre de chômeurs est estimé à 70100 sur une population de 1053768 habitants, avec 322330 postes occupés sur une population en âge de travailler de 658000 habitants. Ces chiffres sont autant de signes édifiants sur la problématique du chômage dans la wilaya. Par ailleurs, la région risque de perdre son cachet agricole si l’on tient compte des différents plans de développement et d’investissement lancés.

Cette tendance risque de ne pas être facile et pourrait même déboucher sur une rupture entre ces secteurs et celui de la formation en général. A mon avis, on doit élaborer un plan de formation et de développement socioéconomique en parfaite harmonie avec les spécificités et les potentialités de chaque région.

- Les chefs d’entreprises se plaignent du manque de main d’œuvre qualifiée et ordinaire. Est-ce toujours d’actualité ?

En tant que chef d’entreprise, je suis tenu d’atteindre les objectifs fixés dans la stratégie du complexe industriel, mais ces objectifs ne peuvent être atteints qu’avec un personnel répondant aux critères de qualité et de rentabilité et de suivi de carrière. Chose qui se fait, malheureusement, assez rare chez les gestionnaires des ressources humaines. A mon sens, la formation ne répond pas aux besoins du secteur économique.

Exemple : les wilayas de Sétif et de Chlef, qui abritent de grands complexes des plastiques, ne disposent pas de leur propre école de formation dans le domaine. Cette dernière devrait assurer une formation professionnelle dans la spécialité, selon les besoins du secteur et de l’activité. C’est une contrainte de taille qui entraine  des répercussions négatives sur la performance des entreprises…

- Quel est l’impact du secteur économique sur la résorption du chômage et que préconisez-vous pour que les choses aillent dans le bon sens ?

L’impact du secteur économique sur la résorption du chômage est très important, mais ce dernier traine toujours les mêmes problèmes et contraintes d’ordre bureaucratique et financier. De plus, la pérennité d’une entreprise doit répondre à des agrégats de gestion en adéquation avec les conditions requises sur le plan des effectifs et celui de son activité. Le secteur public est le principal pourvoyeur d’emplois et créateur de richesse; il peut donc contribuer à la résorption du chômage.

Pour cela, il faut que les pouvoirs publics aident au redressement de ces entités qui sont capables de répondre aux besoins des  demandeurs d’emploi. Je citerai un exemple révélateur, entre 1988 et 2000, le taux de chômage a grimpé de 30 % avec la  fermeture de grandes entreprises publiques, telles que la DNC, l’OFLA, la SNTV, la SOTRAWEL, etc.

Categorie(s): chlef

Auteur(s): Ahmed Yechkour

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