Médecins résidents–ministère de la Santé, Réagissez

Elwatan; le Lundi 2 Avril 2018
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En grève depuis près de quatre mois, les médecins résidents ayant décidé de boycotter les épreuves du diplôme d’études médicales spécialisées (DEMS), qui clôt le cycle de la formation en spécialité,  ont repris, hier, le chemin de la négociation.

Les représentants du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) ont rencontré les responsables du ministère dans un nouveau round de négociations dans l’espoir de déboucher sur un compromis.

Cette rencontre était programmée initialement pour le mercredi 28 mars, mais ajournée suite au tragique accident qui a coûté la vie à deux résidentes en sciences médicales et à un membre de leur famille.

Faut-il rappeler que les principales revendications portées par les 15 000 médecins résidents que compte le territoire national sont, entre autres, la révision du statut des résidents, l’annulation du caractère obligatoire du service civil, la dispense du service militaire et une meilleure formation pédagogique. Selon certaines informations, le ministère a fini par céder sur le premier point et a accepté de réviser le statut des résidents.

Le Camra avait adressé, il y a quelques jours, une lettre au ministère de la Santé où il rappelle sa plateforme de revendications. Sur le service civil, le Camra a rejeté les propositions formulées il y a quelques jours par le ministère de la Santé, les qualifiant de «pas sérieuses».

Le département de Hasbellaoui n’a même pas fait, selon le collectif, l’effort d’abroger la loi relative au service civil, en modifiant la durée ou en proposant une période transitoire. «Cette loi, dont nous continuerons d’exiger l’abrogation totale, date de 1984.

Et depuis cette date, le nombre d’habitants de notre pays et celui des résidents ont complètement changé. Mais le ministère s’entête, contre toute logique, à maintenir ce texte», ont dénoncé les membres du collectif, qui ne demandent pas la suppression du service civil mais son aménagement et l’instauration de plus de mesures incitatives.

Le logement qui est garanti par les dispositions du service civil n’est, en pratique, que rarement fourni aux nouveaux médecins spécialistes, même ceux affectés aux structures de santé du Grand Sud. Par ailleurs, les médecins résidents grévistes réclament aussi l’amélioration des conditions de travail dans les structures de santé et ont rappelé au ministre le manque de moyens, l’importante charge de travail, l’insécurité et le manque de considération de la part de l’administration à leur égard.

Notons que si les examens du DEMS sont encore boycottés et que l’année blanche est déclarée, les structures hospitalières ne recevront pas de nouveaux médecins spécialistes cette année et avec le départ des spécialistes qui finiront leur service civil, le manque en personnel à combler sera de l’ordre de plusieurs milliers de médecins spécialistes.

 
Le ministre de la Santé se dit «optimiste»

Le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Mokhtar Hasbellaoui, a exprimé, hier à Alger, son «optimisme quant aux résultats de sa rencontre avec les médecins résidents».

«Je suis optimiste quant aux résultats ayant couronné cette rencontre», a affirmé le ministre de la Santé dans une brève déclaration à la presse à l’issue de sa rencontre avec les représentants des médecins résidents, en grève depuis le 14 novembre 2017, soulignant que «l’Etat prendra en charge toutes les préoccupations de ce corps». M. Hasbellaoui a précisé, à cette occasion, que «le ministère n’a pas fermé et ne fermera jamais les portes du dialogue avec les médecins résidents», ajoutant que la rencontre «s’est déroulée dans un climat calme où des mesures à la hauteur des aspirations de ce corps ont été prises», exprimant ses remerciements à «tous ceux qui ont contribué à ce dialogue».

Dans le même contexte, le ministre a fait savoir que «les deux parties signeront le procès-verbal de la rencontre qui sera communiqué dans l’après-midi ou lundi», sans donner plus d’explications sur les résultats obtenus.

Pour sa part, le représentant des médecins résidents, le Dr Mohamed Taileb, a qualifié les résultats de cette rencontre de «positifs», affirmant que «la décision finale des médecins résidents sera annoncée mardi prochain après la consultation des bases lundi».

Les revendications des 15 000 médecins résidents sur le territoire national portent, entre autres, sur «l’annulation du caractère obligatoire du service civil, la dispense du service militaire, une meilleure formation pédagogique et la révision des statuts». APS

Categorie(s): actualités

Auteur(s): Nabila Amir

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