Premiers contacts entre Ryadh et Doha et déjà des malentendus : Ryadh annonce que le Qatar est prêt au dialogue

Elwatan; le Dimanche 10 Septembre 2017
1


Lumignon d’espoir  vite étouffé : le royaume wahhabite a  annoncé par la suite la suspension de tout contact avec ce pays en attendant une clarification de ses positions. L’émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, a appelé au téléphone le prince héritier saoudien, Mohamed Ben Salmane, pour exprimer son «désir de s’asseoir à la table du dialogue» et résoudre la crise, a rapporté hier l’agence officielle saoudienne SPA. Le prince héritier saoudien a «bien accueilli le désir de l’émir du Qatar», a ajouté l’agence, précisant que «l’annonce des modalités de ce dialogue sera faite après accord» entre l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte, les quatre pays qui ont rompu début juin avec le Qatar.

Mais peu après, un porte-parole officiel saoudien cité par l’agence SPA a indiqué que Ryadh «suspend tout dialogue et tout contact avec ce pays» en attendant qu’il clarifie ses positions. Il a protesté contre la manière dont Doha a rendu compte de l’appel téléphonique de l’émir du Qatar avec le prince héritier saoudien, en l’accusant d’avoir «distordu le contenu de la conversation». Dans ce compte-rendu, l’agence du Qatar a indiqué que la conversation téléphonique a été faite à la demande du président américain Donald Trump, qui a proposé vendredi sa médiation, alors que Ryadh affirme qu’elle a eu lieu à   l’initiative de l’émir du Qatar.

L’agence du Qatar ne confirme pas non plus le désir de dialogue de l’émir en écrivant que «les deux parties sont tombées d’accord sur la nécessité de régler la crise, en s’asseyant à la table des négociations, pour préserver l’unité du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ». Ce conseil réunit l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, Koweït et Oman.     «Ceci prouve que les autorités du Qatar ne sont pas sérieuses dans leur désir de dialogue», a déclaré le porte-parole saoudien, avant d’indiquer que son pays «suspend tout dialogue et tout contact avec le Qatar jusqu’à ce qu’il   clarifie sa position». Le porte-parole a affirmé que «l’inconsistance de la politique du Qatar   n’aide pas à renforcer la confiance nécessaire» au règlement de la crise.

L’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l’Egypte ont rompu le 5 juin leurs relations diplomatiques avec Doha. Ces pays reprochent au Qatar de soutenir des groupes extrémistes et sa politique de rapprochement de Téhéran.  Ils ont ainsi imposé à cet émirat des sanctions, notamment un blocage des voies d’accès maritimes, aériennes et terrestres. Le Qatar a nié soutenir des groupes extrémistes et a accusé ses voisins du Golfe de vouloir le mettre «sous tutelle» et de l’étouffer économiquement.  
 

Atteinte à la souveraineté

Les pays hostiles au Qatar exigent, avant tout dialogue, la satisfaction par Doha de 13 demandes, dont la fermeture de la télévision Al-Jazeera, accusée d’incitation contre les régimes de ces pays, la fermeture d’une base turque au Qatar et la réduction des relations entre Doha et Téhéran. Le Qatar, qui voit dans ces demandes une atteinte à sa souveraineté, pose de son côté comme condition au dialogue la levée des sanctions économiques qui lui ont été imposées. Le Qatar et l’Iran partagent le champ gazier de Pars Sud. Quand l’Arabie saoudite a fermé le seul accès terrestre du Qatar avec le monde extérieur, essentiel pour l’importation de ses produits alimentaires, Téhéran s’est empressé d’approvisionner ce pays par voie maritime.  

Le 5 mars 2014, trois pays membres du CCG (Arabie Saoudite, Emirats arabes unis et Bahreïn) décident de rappeler leurs ambassadeurs respectifs au Qatar. Dans un communiqué rendu public le même jour, les trois pays indiquent avoir «fourni de grands efforts pour négocier avec le Qatar à tous les niveaux et pour arriver à une politique commune» et «garantir les principes de non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats membres» du CCG. Ils demandent à leur voisin «de ne soutenir aucun mouvement dont le but est de menacer la sécurité et la stabilité des Etat membres».

Categorie(s): monde

Auteur(s): Amnay Idir

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..