Repère, La paix en danger

Elwatan; le Lundi 16 Janvier 2017
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Les premiers refusant que ce soit là une autre conférence qui se contentera très certainement de rappeler ce qui, aujourd’hui, tient lieu d’évidence. Surtout depuis le vote en décembre dernier par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution – une première depuis 1979 – rappelant le caractère illégal de la colonisation israélienne des Territoires palestiniens et se prononçant encore une fois en faveur de la création d’un Etat palestinien. Et les seconds que certains disent lâchés par ses alliés, pour rappeler son opposition à l’internationalisation du conflit proche-oriental, ce à quoi il a déjà contribué quoi qu’il dise.
C’est ce qui explique alors la réaction du Premier ministre israélien qui a taxé cet évènement d’«imposture». Ou la qualifie de «futile». Signe des temps, pourrait-on dire, sans plus.

Mais comment en est-on arrivé à ce qui s’apparente à un sentiment de panique ? Ce sont tout simplement les débordements de la crise du Proche-Orient hors de son cadre géographique qui renseignent sur l’urgence d’une solution. En ce sens, la conférence de Paris ne pouvait se situer en deçà de cette approche qui a fait l’objet de nombreuses résolutions des Nations unies. Notamment les 242 et 338 du Conseil de sécurité, qui ont d’ailleurs servi de base à toutes les négociations menées en octobre 1991 à Madrid et deux années plus tard dans ce qu’il est convenu d’appeler le Processus d’Oslo.

Sauf que les Israéliens ont tué ce processus et baillonné, en Israël même, les partisans de la paix. Mais ils se déclarent paradoxalement pour des négociations qui porteront sur tout, sauf l’arrêt de la colonisation des colonies ni le partage d’El Qods. Ils ne veulent pas du retour des réfugiés. Ils ne veulent pas d’un meilleur partage de l’eau. Ce serait au contraire, comme le dit si bien un sérieux analyste, le «démantèlement lent d’une solution possible et connue de tous par le seul jeu de la passivité et de l’inaction choisie». C’est le vide total contre lequel les Palestiniens ont décidé de lutter en internationalisant leur cause, accédant à l’ONU et à toutes les institutions spécialisées, faisant qu’à ce jour 138 Etats ont reconnu la Palestine. Et les opinions publiques appellent à suivre le mouvement dans bien d’autres pays. C’est là un fait majeur qui renseigne sur l’intérêt porté à la question palestinienne et, à ce sujet, le rôle joué par les opinions publiques. Cela est très important pour les Palestiniens qui ne demandent rien d’autre que la justice, dans le cadre des résolutions de l’ONU. En ce qui concerne la conférence de Paris et de toutes les autres à venir, que cela débouche sur un mécanisme d’application des décisions de l’ONU. C’est en tout cas le sens à donner à l’action que la communauté doit mener. Et elle peut le faire, comme en atteste la réaction israélienne.

Categorie(s): monde

Auteur(s): Mohammed Larbi

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