Son armée a lancé hier une vaste contre-offensive à Ras Lanouf, Réagissez

Elwatan; le Mercredi 15 Mars 2017
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L’Armée nationale libyenne (ANL), dépendant du gouvernement non reconnu de Tobrouk, a lancé hier une vaste contre-offensive pour reprendre deux grands sites pétroliers situés dans le Croissant pétrolier libyen et dont s’étaient emparés, début mars, des unités des Brigades de défense de Benghazi (BDB). «Les forces terrestres, navales et aériennes mènent des attaques conjointes pour débarrasser le port de Ras Lanouf des groupes terroristes», a annoncé Khalifa Al Abidi, un des porte-parole de l’ANL.

Les BDB avaient pris le contrôle, le 3 mars, du complexe pétrolier de Ras Lanouf, ainsi que du port d’Al Sedra. Depuis, l’ANL s’était contentée de mener des raids aériens quotidiens sur des positions des BDB, sans parvenir à les déloger. L’ANL avait pris le contrôle en septembre des quatre principaux sites pétroliers de Libye — Zoueitina, Brega, Ras Lanouf et Al Sedra — qui assuraient l’essentiel des exportations libyennes d’or noir.

Qui sont les BDB ?

Selon les autorités non reconnues de l’Est libyen, les Brigades de défense de Benghazi sont le résultat d’un «regroupement des milices extrémistes». Le groupe s’est constitué en juin 2016 à Al Jofra, ville du Sud libyen, à la suite de l’appel au «djihad» lancé par le mufti libyen Al Sadek Al Guaryani auquel l’ancien Premier ministre, Khalifa Ghweil, avait prêté allégeance. Il est présenté comme l’ennemi juré du maréchal Khalifa Haftar. Parmi les groupes qui composent cette coalition, il y a le conseil de choura de Benghazi, celui d’Ajdabya, de Darna ainsi que les brigades des révolutionnaires de Benghazi.

Le conseil de choura d’Ajdabya s’est notamment fait connaître pour avoir caché Mokhtar Belmokhtar, tué en 2016 dans un raid franco-américain. Son repaire à Ajdabya a été la cible, en juin 2015, d’une frappe aérienne américaine. Mais le chef terroriste y avait échappé. Selon les services de renseignement occidentaux, ces groupes sont également liés à Al Qaîda, dont particulièrement Ançar Charia. Ce groupe terroriste est soupçonné d’avoir été derrière l’assassinat de l’ambassadeur américain en 2012 à Benghazi. Le chef de l’ANL accuse régulièrement le Qatar et la Turquie de soutenir les groupes islamistes libyens.

Haftar aidé par des «mercenaires» russes

Diverses sources soutiennent que l’Armée nationale libyenne dirigée par le maréchal Khalifa Haftar est aidée, dans son entreprise de reconquête de l’Est libyen, par des sociétés militaires privées russes. Dans un entretien accordé à l’agence Reuter, le fondateur de RSB Group et ancien diplômé de l’académie du KGB, Oleg Krinitsyn, a affirmé qu’une douzaine de sociétés de sécurité privées russes ont envoyé des «dizaines d’hommes» dans les secteurs contrôlés par l’ANL.

«La présence de ces contractors était un simple arrangement commercial», a fait valoir M. Krinitsyn. Leur mission qui, a-t-il dit, s’est terminée en février et consistait à déminer des infrastructures industrielles dans la région de Benghazi, où les forces du maréchal Haftar sont aux prises avec des groupes terroristes.

Le patron de RSB Group a indiqué, par ailleurs, que sa société ne travaillait pas avec le ministère russe de la Défense mais que, en revanche, elle avait des contacts avec le ministère russe des Affaires étrangères. De son côté, Moscou a démenti catégoriquement hier l’envoi d’experts militaires en Libye et en Egypte.

Combats en plein Tripoli

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a soutenu que Moscou œuvrait pour un règlement politique et pacifique de la crise libyenne en cherchant à favoriser le dialogue entre les deux gouvernements rivaux. Le maréchal Haftar bénéficie du soutien avéré également de l’Egypte, des Emirats arabes unis, ainsi que de la France qui a envoyé près de ses troupes des conseillers du service Action de la DGSE.

La contre-offensive du maréchal Khalifa Haftar intervient au moment où de violents affrontements opposent des groupes armés dans l’ouest de Tripoli. La capitale libyenne est prise en otage par plusieurs groupes armés qui se livrent à une impitoyable lutte d’influence. Des chars y ont été déployés au milieu de quartiers résidentiels. Les combats ont commencé lundi soir dans les quartiers résidentiels et commerciaux de Hay Al Andalous et Gargaresh. L’émissaire de l’ONU en Libye, Martin Kobler, a appelé à «un cessez-le-feu immédiat» à Tripoli où «les civils sont gravement menacés». Jusqu’à hier soir, son appel à l’arrêt des combats n’avait pas été entendu.

Au moment où nous mettions hier sous presse, l’ANL a annoncé la reprise des deux sites pétroliers dont s’étaient emparés les BDB au début du mois. «Les forces armées (...) ont libéré la totalité du Croissant pétrolier», a déclaré Khalifa Al Abidi. Le chef des gardes des installations pétrolières a confirmé la reprise des sites de Ras Lanouf et d’Al Sedra.
 
Seif El Islam passe aux mains du Conseil militaire de Zentane

Le Conseil militaire de Zentane vient de publier un communiqué précisant que Seif El Islam El Gueddafi, captif à Zentane depuis novembre 2011, vient de passer sous le contrôle partagé entre le Conseil militaire de Zentane et celui des notaires de la ville.

Le communiqué a été publié pour «couper court aux spéculations concernant la situation du fils d’El Gueddafi», a affirmé Mahmoud Hatwich, porte-parole du Conseil militaire.

Les dernières nouvelles concernant Seif El Islam remontent à février dernier, on cite sa rencontre avec sa mère Safia Ferkach qui lui aurait proposé un transfert vers Moscou.

Seif aurait refusé de bouger de la ville de Zentane, exprimant des suspicions concernant tout mouvement à l’extérieur de cette zone. Depuis son arrestation, en novembre 2011, Seif El Islam El Gueddafi est aux mains de la katiba Abou Bakr Essiddik, dirigée par le colonel Ajmi Laâtiri.

Celui-ci  a même déclaré, l’année dernière, que le fils d’El Gueddafi a bénéficié de l’amnistie générale. «S’il est encore à Zentane, c’est pour assurer sa sécurité», avait déclaré Laâtiri.

Le journaliste italien de la Corriere della Sera, Francesco Battistini, avait même affirmé, en avril 2016, que Seif El Islam est marié, qu’il a une petite fille de trois ans et qu’il habite dans une villa, en résidence surveillée, ou protégée. Mourad Sellami

 

Categorie(s): monde

Auteur(s): Zine Cherfaoui

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