Soudan du Sud, Graves violations du cessez-le-feu

Elwatan; le Lundi 25 Decembre 2017
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Le gouvernement du Soudan du Sud et le principal groupe rebelle se sont mutuellement accusés, hier, d’avoir violé le cessez-le-feu qui est entré en vigueur ce même jour, selon l’AFP citant des responsables rivaux. Le groupe rebelle de l’ex-vice-président, Riek Machar, la SPLA-IO, a accusé les forces gouvernementales d’avoir lancé une «attaque agressive» contre leurs positions dans la ville de Bieh Payam (nord) ainsi que dans le comté de Yei (sud-ouest).

«Toutes ces actions sont dirigées contre le processus de paix : le gouvernement de Juba veut que la SPLA-IO réplique afin que la guerre se poursuive et qu’ils continuent à piller les ressources du pays», selon un communiqué du porte-parole du groupe, Lam Paul Gabriel. Pour sa part, le porte-parole de l’armée, Lul Ruai Koang, a apporté un démenti, en accusant les rebelles de «graves violations» du cessez-le-feu ailleurs dans le pays. Il a affirmé que les rebelles avaient attaqué un «convoi de l’administration qui essayait de livrer des produits alimentaires et des salaires pour Noël » dans l’Etat d’Amadi (sud). «Nous avons réussi à passer malgré l’embuscade et nous avons pu tuer cinq combattants rebelles», a-t-il ajouté. Le porte-parole a aussi accusé les rebelles d’avoir attaqué la police militaire à Aweil East (nord-ouest). Ces combats ont eu lieu après un nouveau cessez-le-feu signé jeudi à Addis-Abeba par le gouvernement et plusieurs groupes armés. L’accord de cessez-le-feu obtenu à l’issue de quatre jours de négociations placées sous l’égide de l’organisation régionale Igad, prévoyait, entre autres, que les belligérants «gèlent immédiatement leurs positions», garantissent la protection des civils et l’accès de l’aide humanitaire. Ce cessez-le-feu, réclamé depuis de longs mois par la communauté internationale, est le premier conclu depuis les intenses combats qui ont secoué la capitale, Juba, en juillet 2016. Ces affrontements entre les forces du président Salva Kiir et Riek Machar traduisent l’échec d’un accord de paix signé en août 2015, qui a permis à R. Machar d’être réinstallé au poste de vice-président et de revenir à Juba. Après ces violences, R. Machar avait dû fuir son pays. Il se trouve depuis en Afrique du Sud, mais continue à jouir d’une grande autorité sur son mouvement.

Categorie(s): monde

Auteur(s): R. I.

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