Une semaine après la cessation de parution du quotidien La Tribune : L’opposition à la fermeture du journal s’organise

Elwatan; le Mardi 15 Aout 2017
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Près d’une semaine après la fermeture du quotidien La Tribune, l’opposition à la mise à mort du journal commence à s’organiser. Mercredi dernier, deux des actionnaires de la Sarl Omnium Maghreb Presse qui édite le journal, Cherif Tifaoui et Djamel Djerrad, ont introduit une procédure en référé pour la cessation de l’activité de la Sarl. Très vite, les employés du journal ont été priés de rentrer chez eux et le quotidien a tout de suite cessé de paraître. Depuis, d’autres actionnaires s’organisent pour faire barrage à cette décision, qu’ils jugent illégale.

Les héritiers Ameyar, principaux actionnaires de la Sarl (46%) ont constitué un dossier pour introduire une requête auprès du juge des référés qu’ils doivent déposer demain matin pour contester la procédure de liquidation à laquelle ils n’ont pas été associés.

«Cette procédure pose problème à tous les niveaux et nous comptons faire valoir nos droits pour la contester», explique fermement Taous Ameyar, veuve de Kheireddine Ameyar, membre fondateur du journal, rencontrée à la Maison de la presse.

Elle insiste, en premier lieu, sur un problème de forme. «Il y a un vice de procédure puisque la demande de dissolution n’aurait pas dû être adressée au juge des référés et il ne peut y avoir de liquidation sans un jugement au préalable», plaide-t-elle.

Le SNJ mandaté pour préserver les droits des employés

Puis, les questions de fond sont évoquées  en second lieu. «Cette décision ne peut être prise par des actionnaires minoritaires sans consulter les autres associés. Et il y a le motif de l’endettement qui a été invoqué pour justifier cette liquidation : les actionnaires minoritaires qui ont introduit l’action de liquidation ont affirmé que l’entreprise est déficitaire depuis 2001», explique-t-elle.

D’après Taous Ameyar, l’entreprise n’est pas déficitaire depuis 2001 puisque 230 millions de dinars de bénéfices auraient été enregistrés entre 2007 et 2011. Pour finir, elle assure que plusieurs solutions peuvent être envisagées pour faire face à l’endettement avant d’opter pour la liquidation.

«En tant que principaux actionnaires, nous allons mener les actions nécessaires pour faire respecter la loi et empêcher la fermeture du journal», annonce Taous Ameyar. «Nous commencerons demain matin à 9h (mercredi, ndlr) en introduisant une requête qui puisse permettre aux employés de reprendre leur travail», ajoute-t-elle.

Les employés, heurtés et troublés par la fermeture brusque et inattendue du quotidien, ont de leur côté mandaté le Syndicat national des journalistes pour qu’il introduise des actions en référé pour préserver leurs droits. En attendant, Taous Ameyar, s’exprimant au nom de tous les héritiers Ameyar, animera une conférence de presse demain à 13h à la Maison de la presse d’Alger.
 

Categorie(s): actualité actualités

Auteur(s): Bouredji Fella

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