21E ANNIVERSAIRE DU RND: Ouyahia en zone de turbulences

Lesoir; le Jeudi 14 Juin 2018
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Le 21e anniversaire du Rassemblement national
démocratique (RND) se déroulera dans un contexte bien particulier cette
année. Le parti et son secrétaire général traversent une période de
turbulences très intense et surtout étroitement liée aux grandes
échéances qui attendent le pays.
Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Il n'y a qu'à remonter aux dernières
élections communales pour situer les enjeux. Fraîchement désigné à la
tête du gouvernement, Ahmed Ouyahia tient alors aux Algériens un
discours auquel ils sont peu habitués. A ce moment, le SG du RND fait
savoir que son parti a fait l'objet d'une série de sabotages de la part
d'agents de l'administration. Il tient à mettre l'accent sur le fait y
compris durant la conférence de presse tenue au lendemain du scrutin, en
annonçant qu'il s'apprêtait à introduire des recours pour rectifier des
irrégularités enregistrées. Bien que surprenants, et intervenant dans
une conjoncture marquée par de fréquentes attaques du FLN à son égard,
les propos d’Ouyahia sont mis sur le compte d'un discours démagogique
visant à donner du crédit au scrutin qui vient de se dérouler. Les
évènements qui se succèdent accentuent, cependant, les doutes. Le RND et
son SG sont désormais régulièrement ciblés par des critiques, parfois
violentes. Elles émanent particulièrement du secrétaire général du FLN.

Le conflit s’apparente en premier lieu à une guéguerre où les deux SG
s’affrontent pour se positionner et s’approprier la paternité du
programme présidentiel, mais très vite, les évènements tournent. Ould-Abbès
semble être en charge d’une mission : celle d’être le porte-parole
officieux de la présidence de la République.
Son discours n’est plus seulement constitué de simples critiques. Il met
en garde, rappelle à l’ordre et fournit les grandes tendances des choix
politiques en cours. Il en a été, ainsi, dans l’affaire du projet de
privatisation des entreprises nationales en difficulté financière
annoncé par Ouyahia. Et il n’a fallu que quelques heures pour confirmer
son nouveau rôle puisque ces propos ont été suivis par la publication
d’un décret présidentiel interdisant cette privatisation. Ouyahia en
sort affaibli. Les attaques contre sa personne se multiplient. Chakib
Khelil, pour la réhabilitation duquel il avait œuvré, s’en prend
violemment à lui et son bras droit Seddik Chihab (porte-parole du RND).

L’ancien ministre de l’Energie l’accuse d’avoir mené le pays à la
faillite et conduit les Algériens à la pauvreté. Le mis en cause répond
sous la casquette du RND en réduisant son détracteur au statut de simple
citoyen et l’invite à «passer son chemin». Invité par les plus hautes
sphères du pays à revoir son discours alarmant (peu de temps après sa
nomination), il fait sa mise au point et en reste là.
Ouyahia se mure dans un silence qui perdure depuis un long moment. Un
silence qui persiste y compris dans cette conjoncture marquée par la
série de protestations sociales auxquelles on assiste. Sa dernière
intervention publique s’est déroulée à Addis-Abeba où il représentait le
président de la République à la 28e conférence de l’Union africaine (UA).
Une désignation, affirme-t-on, qui remonte cependant bien avant la série
de «recadrages» dont il a fait l’objet. Les turbulences dans lesquelles
il se trouve ont donné naissance à de nombreuses rumeurs et projections
sur un éventuel départ anticipé. Et c’est dans ce contexte que sera
célébré, le 21 février prochain, l’anniversaire de la création du RND.
A. C. 

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. C.

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