AÏN-SEFRA: Rania au royaume de la magie

Lesoir; le Dimanche 13 Aout 2017
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A Aïn-Séfra, la pratique de la magie évolue de plus
en plus sous un décor moderne : la magie dans un palais royal, et ce,
après une longue expérience réalisée après la présentation des
spectacles dans un style purement classique.
Avec ses compétences techniques et artistiques, la plus jeune magicienne
dans le monde arabe a commencé à présenter ses spectacles de magie dans
un nouveau look, sous l’ère antique, un décor moderne réalisé dans un
palais royal ; vêtue de son nouvel uniforme en «reine gâtée», mais aussi
une nouvelle composition musicale accompagnant le spectacle, alors que
son habitué assistant jouera le rôle de courtisan (serviteur).
Le groupe, donc, s’engage dans une pérennité exceptionnelle et
extraordinaire. II s’agit, en effet, de Bouchetata Rania, née en 2001 à
Aïn-Séfra ; une jeune illusionniste qui a commencé à pratiquer la magie
dès l’âge de 8 ans et, évidemment, en compagnie de son cousin Touamdia
Ahmed (Hamada), un élève de l’Ecole supérieure des cadres de la jeunesse
(Oran), clown-animateur, donnant l’ambiance en scène.
C’est à la maison de jeunes de Haï-Mzi de Aïn-Séfra que Rania a fait ses
débuts au théâtre amateur des enfants. Avec l’aide de son père
Bouchetata Brahim, qui n’est autre qu’un élève artiste-peintre de
l’Ecole des beaux-arts, elle a pu s’intégrer et réussir dans les
pratiques des tours de la magie.
Cet artiste a créé une association culturelle dénommée «Alwan»
(Couleurs), regroupant six clubs, le théâtre pour les jeunes, le théâtre
pour les enfants, l’art plastique, audio-vidéo, la magie et l’origami.
II est l’un des rares artistes en Algérie à s’intéresser, à avoir été
formé et à tisser des connaissances avec des grands spécialistes dans le
monde de l’origami (Japon, Egypte, France, etc.).
Ce grand peintre a participé à un séminaire à Nabeul (Tunisie) qui s’est
déroulé du 17 au 22 mai 2016, sur invitation de Euromed, auquel ont
participé 6 pays méditerranéens : Algérie, France, Maroc, Italie,
Roumanie et Tunisie (pays organisateur).
Avec sa petite fille, ils ont fait plusieurs démonstrations au ministre
de la Culture, M. Mihoubi, lors de sa visite dans la wilaya au mois de
novembre 2016, tant dans l’origami que dans la magie.
M. Mihoubi s’était étonné de trouver un tel «réservoir» d’intellectuels
dans cette contrée du Sud-Ouest. Pour ce qui est de la magie, Rania a
participé aux Journées nationales sur l’illusionnisme organisées pour
leur deuxième édition dans la wilaya de Batna, où elle a rencontré la
doyenne et célèbre illusionniste Kheira Lounici, connue sous «Tata
Lynda» d’Alger, doyenne des femmes dans le monde arabe qui pratique la
magie, qui l’a rencontrée pour la première fois, ainsi que le Tunisien
Mador Méziane, président de l’Association nationale de l’illusionnisme
de Tunisie (invité d’honneur), et bien d’autres magiciens des
différentes wilayas du pays qui y ont aussi participé.
Ces artistes ont présenté chacun son propre spectacle en utilisant des
techniques, des éclairages, des uniformes, des décors et des sons, pour
rendre un spectacle impressionnant ; permettant de découvrir
l’illusionnisme ou le tour de magie qui garde toujours son aspect de
rêve, de divertissement et pratiquement une mise en scène de leurre.
La pratique d’un tour de magie réussit, entre autres, à transformer une
matière, à lire dans les pensées, à l’éviter, à faire apparaître ou
disparaître des objets, voire à les reconstituer sans que rien de cela
soit vrai. Par contre, le plus souvent le spectateur, bien qu’il sache
qu’il s’agit d’une simple rapidité de jeux, s’étonne des illusions qui
lui sont présentées et se demande où est la faille ou le truc, sans
jamais réussir à comprendre le déroulement des tours de magie sur la
scène.
Rania a été honorée par la DJS/Naâma, le 15 juillet dernier à l’occasion
de la Journée nationale de l’enfant algérien. Après une longue et bonne
expérience dans le domaine de la magie, le nom de Rania, l’une des plus
jeunes magiciennes dans le monde, commence à traverser les frontières et
être connu dans les milieux de la magie internationale ; d’ailleurs,
elle est invitée, pour le mois de septembre prochain, par une
association culturelle au Caire (Egypte), pour s’aventurer dans les
secrets de la magie pharaonique.
La magie n'a pas de patrie, dit-on, mais elle a un berceau : l'ancienne
Egypte. Bien que les pratiques occultes de l'Occident aient probablement
plus de racines dans les civilisations de l'Euphrate que dans la vallée
du Nil, c'est toujours sur la terre des pharaons que les magiciens
arabes, puis européens ont situé les origines de leur art. La Kabbale ne
dit-elle pas que des dix parts de magie qu'a reçues la terre, neuf sont
échues à la seule Egypte, tandis que le reste du monde s'est partagé la
dixième ?
Notre petite magicienne, qui séjournera prochainement en Egypte, aura à
qualifier davantage ses compétences, de même, elle apprendra beaucoup de
choses sur l’illusionnisme, notamment dans les tours de magie avec du
feu. Voilà, alors l’itinéraire de cette plus jeune illusionniste,
encouragée par son père, ce grand artiste, cadre de la DJS/Naâma, qui a
également à son actif la réalisation d’une revue El-Aïn, puis l’édition
d’une nouvelle brochure Al-wane qui est à son 6e numéro, comportant
toutes les activités de l’association.
Ne dit-on pas à tout seigneur, tout honneur ? Les Bouchetata (père et
fille) méritent, en effet, tous les encouragements de la part des
autorités.
B. Henine

Categorie(s): régions

Auteur(s): B. Henine

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