ANNIVERSAIRE DU 1er NOVEMBRE 1954: Débats à Skikda sur les aspects peu connus de la Révolution armée

Lesoir; le Jeudi 1 Novembre 2007
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Les péripéties qui ont émaillé l’histoire de la Révolution algérienne ''doivent être placées dans leur contexte pour être comprises et appréciées à leur juste valeur'', a affirmé M. Abdelhamid Mehri, lors des débats de la première journée du 2e colloque international sur la Révolution algérienne, ouvert mardi à l’université de Skikda.Selon M. Mehri, ''ceux qui ont déclenché la Révolution sont arrivés à la conclusion que la meilleure façon de préserver cette dernière des déviations et des infiltrations de l’administration coloniale, visant à créer une troisième force, était de garder sa direction entre les mains du cercle restreint de ceux qui en furent les artisans''. ''Cette vision a continué à prévaloir jusqu’à l’indépendance'', précisera M. Mehri, ajoutant que deux conceptions se sont affrontées tout au long de la Révolution. L’historien algérien, Mohamed Harbi, a également attiré l’attention des participants à cette rencontre sur le fait que ''l’histoire réelle n’est pas celle des témoins'' et que ''la vérité de l’Histoire se situe sur un autre terrain, à savoir comment construire les faits et avec quelles méthodes''. Par ailleurs, et de l’avis d’un grand nombre de participants, ce colloque a marqué un saut qualitatif important dans ce genre de rencontre en abordant des aspects de l’histoire de la Révolution demeurés peu connus, voire considérés ''tabous'' jusque-là. Après un débat très riche sur certains aspects politiques et historiques de la Révolution armée, M. Abdelhamid Mehri a fait remarquer à propos des ''hésitations'' qui ont caractérisé l’adhésion de certaines formations politiques à l’option de l’action armée, qu'elles étaient compréhensibles lorsqu’elles sont vues avec le recul et replacées dans leur contexte historique. ''L’option armée a été décidée par un groupe très restreint et dans le plus grand secret, il est donc normal que ceux qui n’en savaient rien hésitent avant de prendre position'', notera-t-il. D’autres aspects peu connus de l’histoire de la lutte de libération nationale seront abordés par plusieurs universitaires algériens qui tentent de comprendre certains aspects peu connus de la Révolution armée. Dans la communication qu’il consacrée aux événements du 20 août 1955, l’historien Daho Djerbal soulignera, pour sa part, qu’il est aujourd’hui temps de rendre les archives de l’ALN accessibles aux chercheurs, sous la protection de la loi. Il relèvera, dans ce sens, que l’indisponibilité de ces archives ne lui a pas permis de vérifier le nombre exact de victimes des massacres commis par l'armée coloniale qui ont suivi l’offensive généralisée du Nord constantinois. Cette rencontre aura également été marquée par une forte participation de chercheurs et d’historiens étrangers. En plus de Benjamin Stora et Jean Luc Einaudi, déjà connus pour leurs publications sur l’Algérie, le public a découvert d’autres chercheurs et historiens de l’Hexagone qui comme Jean-Pierre Peyroulou, Claire Maus-Copeaux et Sylvie Thérault réalisent des recherches très intéressantes sur la Révolution algérienne. Sylvie Thérault, bien qu’appartenant à la génération de l'après-guerre d’Algérie, a réalisé une recherche probablement inédite dans les annales de l’histoire de la Révolution en mettant en lumière ''la révolte des internés de Bossuet et sa répression'', c'est-à-dire le tristement célèbre camp d’internement de ''Dahya'', dans le sud oranais. Claire Maus-Copeaux s’est également illustrée par la lecture qu’elle a faite des massacres du 20 août 55 dans laquelle elle s’est attachée à pourfendre la version tronquée que donnent ''les anciens colons'' d'Algérie de ces événements. Cette historienne a aussi appelé à une discussion sur l’histoire commune algéro-française qui ''ne peut, dira-t-elle, qu’aider à une écriture plus éclairée et plus féconde'' de cette histoire. Mercredi, l'historien Benjamin Stora devrait revenir, lors de sa conférence intitulée ''bilan historiographique du 20 août 1955'', sur ces événements du Nord constantinois, estimant que la répression organisée par l’administration française avec la police et, surtout, avec les militaires mais également avec le concours ''spontané'' de milices civiles, sera à la fois impitoyable et totalement disproportionnée.APS

Categorie(s): régions est

Auteur(s): APS

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