BOUMERDÈS: Ouled Moussa sous la menace d’une grave pollution

Lesoir; le Mercredi 15 Novembre 2017
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«L’odeur est insupportable même en hiver. C’est grâce
aux dernières pluies que les eaux polluées ont été évacuées de ce lac.
Ce n’est donc qu’un répit pour nous. Dès que les pluies s’arrêteront,
c’est l’enfer pour les riverains», témoigne Farès Doudah, qui habite à
moins de deux cents mètres de cette retenue collinaire aménagée en 1986.

Au départ, cette retenue a été aménagée à Mouilha, au nord de la commune
d’Ouled Moussa, par les services hydrauliques de la wilaya de Boumerdès
au bénéfice des agriculteurs de la région pour irriguer leurs champs.
«Des poissons d’eau douce et différentes espèces d’oiseaux y vivaient.
Voyez maintenant ce qui est advenu ce petit barrage.»
Effectivement, l’eau est noire et selon les voisins, cette pollution est
source de maladies respiratoires. «L’acidité de cette eau attaque les
yeux», précise Boualem qui habite à 50 mètres de la mare. Ce sont les
enfants qui sont les plus exposés.
Pour rappel, en janvier 2016, la population du quartier est sortie dans
la rue pour dénoncer cette pollution qui les expose au danger (Le Soir
d’Algérie du 11 janvier 2016).
A l’époque, les manifestants montraient du doigt les unités de
production de la zone industrielle d’Ouled Moussa. Pour la population,
les déversements de ces unités constituaient un énorme danger. En
janvier 2016, les autorités de la wilaya avaient envoyé une commission
d’enquête. Rien n’a changé depuis mais des maladies sont probablement en
train de ronger les corps des enfants.
Le président du comité de quartier Nacer Zahrir, que nous avions
rencontré lorsque ses voisins sont sortis dans la rue, une année après,
réitère les mêmes inquiétudes. Cependant, il propose une solution :
installer une grosse conduite pour diriger l’eau dangereuse en aval de
ce fut une retenue collinaire. Ces eaux usées se déverseront dans l’oued
de Reghaïa. Ce qui permet d’éliminer le danger sur les humains et une
fois la conduite installée, mettre du remblai sur la surface du lac pour
récupérer plus de 5 hectares de terrain utile à l’implantation de
certains services publics. «Sur du remblai, on peut installer, sans
risque, certains services publics comme un CEM, une école primaire dans
des chalets», assure le président Zahrir.

Et l’application de la 8/15 ?
Samir Mimouni, de la famille du grand écrivain Rachid Mimouni, est venu
de Boudouaou pour nous accompagner dans les rues de l’immense quartier
Mouilha qui compte, selon certains citoyens, plus de 20 000 habitants.
Samir voulait nous faire découvrir une difficulté administrative à
laquelle sont confrontés ses amis de Mouilha. «Ce quartier est construit
sur les terres des Helaïmia au nord de la commune d’Ouled Moussa. Les
propriétaires des habitations ont acheté des terrains — sans actes avec
seulement le papier timbré — pour y construire leurs logements. La loi
8/15 leur offre une opportunité pour régulariser leur situation, mais
ils trouvent des difficultés d’ordre bureaucratique pour déposer leur
dossier. Or, les gens de la commune d’Ouled Heddadj, qui ont acheté les
terrains chez le même propriétaire terrien, ne rencontrent pas les mêmes
difficultés. Pourquoi ?», s’insurge Samir.
Questionné sur ce sujet, Nacer Zahrir, le président du comité de
quartier, nous a révélé quelques informations. Ces indications, au
constat de leur gravité, nécessitent plus d’investigations. Nous y
reviendrons après investigations. Nos interlocuteurs nous ont, en outre,
exposé les problèmes de délinquance ou le trafic de drogue qui
empoisonnent le quotidien des paisibles familles de Mouilha. «Il y a des
bandes de délinquants qui circulent avec des chiens pour s’attaquer aux
paisibles citoyens», nous dira Farès Doudah. Vers 14 heures, la porte de
la salle de soins était fermée. «Il y a un médecin qui vient 4 fois par
semaine. Dès que les malades sont auscultés, le médecin et l’infirmière
ferment la salle de soins.»
Au niveau de l’école primaire, la situation n’est plus brillante. Les
habitants nous ont parlé de 56 élèves par classe et en double vacation.
Les élèves des 4e et 5e années du cycle primaire, faute de classes en
nombre suffisant, sont scolarisés au chef-lieu communal. En plus des
difficultés quotidiens, les citoyens de Mouilha sont sous la menace de
danger de pollution et à une possible catastrophe sanitaire.
Abachi L.

Categorie(s): régions

Auteur(s): Abachi L.

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