D’autres légendes ont manqué un Mondial: Avant Buffon, Eusebio et Cruyff

Lesoir; le Mercredi 15 Novembre 2017
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Gianluigi Buffon, gardien de l'Italie et
mythe vivant, manquera donc le Mondial-2018 en Russie : d'autres grands
noms du football, Di Stefano, Eusebio ou encore Cruyff, ont vécu cette
désillusion dans le passé.

Di Stefano, le maudit
Naturalisé espagnol, Alfredo Di Stefano endosse le maillot de la
sélection fin janvier 1957. Auparavant, le joueur d'origine argentine
était privé de Coupe du monde puisque l'Albiceleste avait boycotté les
éditions 1950 et 1954. Mais les Espagnols ne parviennent pas à se
qualifier pour le Mondial-1958 en Suède. La Roja se qualifie ensuite
pour la Coupe du monde en 1962, au Chili. Une satisfaction de courte
durée puisqu'une douleur au dos l'empêche de jouer un seul match, alors
que l'Espagne est éliminée dès le premier tour.

Eusebio, la claque
Le Portugal ne se qualifie pas pour le Mondial-1970. C'est une claque
pour Eusebio, Ballon d'or 1965, star du Mondial-1966 dont il a été le
meilleur buteur avec 9 buts (Portugal 3e). Habile de la tête et des
pieds, la «Panthère noire» avait aussi remporté la Coupe d'Europe avec
Benfica en 1962.

Moore, les matchs de trop
Capitaine champion du monde avec l'Angleterre en 1966, Bobby Moore veut
participer à un dernier Mondial, en 1974 en Allemagne de l'Ouest. Dans
un groupe à trois avec la Pologne et le pays de Galles, pour une seule
place qualificative, les joueurs aux Trois Lions abordent cette phase en
position de favoris. Les Anglais ne remportent qu'un seul match, et ne
finissent qu'à la deuxième place du groupe derrière la Pologne. Moore
assiste depuis le banc au match nul des Anglais contre le pays de
Galles, qui les élimine.

Cruyff, fusil sur la tempe
Légende incontestée du football, Johan Cruyff n'a jamais remporté la
Coupe du monde: après sa finale perdue en 1974 face à l'Allemagne, il
n'a pas voulu jouer en Argentine quatre ans plus tard. La raison est
restée mystérieuse pendant trente ans. Conflit avec la Fédération
néerlandaise pour des histoires de prime ? Boycott pour protester contre
la dictature de Jorge Videla ? L'intéressé lève le secret en 2008 sur
Catalunya Radio: Il a été victime, avec sa famille, avant le Mondial,
d'une tentative d'enlèvement dans son logement à Barcelone. «A ce
moment, quelqu'un est venu, a pointé un fusil sur ma tempe, j'étais
ligoté, ma femme était ligotée, les enfants (étaient présents) dans
l'appartement de Barcelone. Le moment arrive où tu dis «basta». Il y a
des moments où d'autres valeurs priment dans la vie».

Van Basten, barrage perdu
Finaliste du Mondial-1978 en Argentine, les Pays-Bas manquent la
qualification pour la Coupe du monde en 1982 en Espagne. Pour le Mondial
mexicain de 1986, les Néerlandais disposent dans leur effectif d'une
pépite avec Marco van Basten, qui fait alors les beaux jours de l'Ajax
Amsterdam, et d'autres joueurs en devenir (Frank Rijkaard, Ruud Gullit,
Ronald Koeman). Ils ratent le billet direct pour le Mexique et doivent
disputer un barrage contre les voisins belges. Battus 1-0 au match
aller, ils s'imposent au retour 2-1, mais le but à l'extérieur des
Belges leur permet de se qualifier pour le Mondial-1986, où ils finiront
à la 4e place. Deux années plus tard, les Néerlandais se rattraperont de
la plus belle des manières en remportant le Championnat d'Europe en
éliminant les Allemands de l'Ouest, hôtes de la compétition, en
demi-finale, et en battant l'URSS en finale grâce à une reprise de volée
devenue mythique de van Basten dans un angle mort.

Papin et Cantona, génération gâchée
Avec Jean-Pierre Papin, Ballon d'Or 1991, et Eric Cantona comme moteurs,
l'équipe de France ne peut que se qualifier pour le Mondial-1994 après
un Euro-1992 raté (élimination en phase de groupes). Tout se joue contre
la Bulgarie en novembre 1993 au Parc des Princes, pour cette génération
minée par la rivalité entre joueurs du Paris SG et de Marseille. Un
match nul, et elle verra l'Amérique. Mais dans les arrêts de jeu, Emil
Kostadinov éteint tous les espoirs français d'une frappe sous la barre
transversale qui donne la victoire à la Bulgarie (2-1). L'un des revers
les plus traumatisants du football français.

Categorie(s): sports

Auteur(s): lesoir

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