DIGOUTAGE: Acide

Lesoir; le Mercredi 30 Decembre 2015
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Par Arris Touffan
Hocine Aït-Ahmed se serait-il douté que son décès aurait suscité cette
émotion, réelle ou feinte ? Oui et non, je crois. Relisant certaines interviews
et des témoignages de ses proches, il savait que la doctrine du pouvoir et de
ses périphéries en la matière est l’application du mot : «Vivant, on le priva
d’une datte, mort, on dépose un régime sur sa tombe.»
Le fait est que le tsunami d’hommages – et ça ne mange pas de pain – donne à
voir le paradoxe suivant. Dans la masse de témoignages, nécrologies, on
s’aperçoit que ce sont ses proches qui gardent le sens de la mesure et de la
rationalité, qui lui étaient si chères, dans son évocation. Ses anciens
contempteurs, eux, ils y vont avec des tombereaux d’encens. Mais cet encens a le
goût de l’acide…
A. T.
arrisetouffan@yahoo.fr

Categorie(s): chronique du jour

Auteur(s): Par Arris Touffan

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