DOPAGE: En 2009, les tricheurs auront intérêt à se mettre à table

Lesoir; le Mardi 30 Decembre 2008
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Les athlètes ayant abusé de pilules ou de seringues pour signer leurs performances ont intérêt à soulager leur mauvaise conscience en 2009 : s'ils risquent jusqu'à quatre ans de suspension en vertu du nouveau code mondial antidopage, ils peuvent bénéficier d'une réduction en cas d'aveux.Entré en vigueur il y a cinq ans, le code mondial antidopage a harmonisé les normes et règles en matière de lutte contre les tricheurs pour tenter d'éviter qu'un sprinteur américain et un haltérophile bulgare contrôlés positifs aux mêmes stéroïdes anabolisants écopent de sanctions complètement différentes. Ce code, qui prévoyait jusqu'à présent une suspension quasi automatique de deux ans en cas de première infraction et à vie pour une deuxième, a été révisé dans le but d'introduire une plus grande flexibilité, en tenant compte de circonstances atténuantes ou au contraire, aggravantes. «J'en ai assez que quelqu'un qui commet une infraction relativement mineure reçoive la même sanction qu'un sportif bourré de stéroïdes», avait souligné Dick Pound, qui était alors président de l'Agence mondiale antidopage (AMA) lors de l'adoption du code révisé en novembre 2007. A partir du 1er janvier, les peines pourront ainsi être modulées, du simple avertissement à quatre ans de suspension pour une première infraction. Si un athlète démontre qu'il a pris un médicament interdit sans chercher à vouloir améliorer ses performances, il recevra une simple réprimande, ou au grand maximum deux ans de suspension en fonction du produit. A l'inverse, celui impliqué dans un système de dopage généralisé ou ayant tout fait pour dissimuler une violation risque d'être mis au ban pendant quatre années. Surtout, le code 2009 aimerait pousser le plus grand nombre à se mettre à table. Faute avouée avant qu'une violation soit constatée est faute à demi-pardonnée puisque la durée de la suspension normalement applicable pourra être divisée par deux. Cette réduction potentielle peut même atteindre les trois-quarts si un coupable fournit «une aide substantielle » aux instances antidopage pour mettre à jour les violations d'un autre. Le nouveau code clarifie un autre point qui suscitait divergences : le nombre de contrôles auxquels s'est soustrait un athlète pour qu'il y ait sanction. Cette violation, qui entraîna par exemple l'exclusion du coureur cycliste danois Michael Rasmussen par son équipe lors du Tour de France 2007, est fixée à trois contrôles manqués sur une période de 18 mois. Ces nouvelles règles devraient déboucher sur une grande gestion des dossiers au cas par cas, comme le souhaitaient les fédérations sportives, les agences nationales antidopage et les juristes du Tribunal arbitral du sport (TAS) qui ont vu les recours pleuvoir ces dernières années. Si le code a été accepté par les 35 fédérations de disciplines olympiques et ratifié, via la Convention de l'Unesco, par plus d'une centaine de pays, encore faut-il qu'il soit correctement appliqué. Selon un rapport présenté en novembre lors de la réunion de l'AMA à Montréal, cinq de ces fédérations, dont la gymnastique, et de nombreux pays ne sont pas en conformité avec les règles les plus élémentaires du code. En théorie, les Jeux olympiques ne pourront plus être accordés désormais à des cancres de la lutte antidopage. De quoi donner des regrets à ceux qui étaient hostiles à l'attribution des Jeux d'hiver 2014 à Sotchi. La Russie, où les contrôleurs ont la vie dure et les fautifs bénéficient facilement de sanctions allégées comme ce fut le cas cet automne pour sept athlètes qui avaient manipulé leurs échantillons, est réputée pour être l'un des gros points noirs dans la géopolitique de l'antidopage.

Categorie(s): sports

Auteur(s): lesoir

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