Fin de l’édition du bac 2017: Épreuve réussie pour Benghabrit

Lesoir; le Samedi 17 Juin 2017
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Les épreuves du baccalauréat sont terminées depuis
jeudi. Les candidats devront attendre le 15 juillet prochain pour
pouvoir célébrer leur succès. Pour sa part, la ministre de l’Education a
déjà réussi son épreuve. L’édition du bac 2017, qui a tenu tout un pays
en haleine, s’est achevée sans fuite de sujets.
Salima Akkouche - Alger (Le Soir) - Soulagement, la fin a sonné sur
une épreuve du bac pleine de suspense. Jeudi, la ministre de l’Education
a effectué sa deuxième sortie, depuis le début des épreuves, auprès des
équipes chargées de la conception et de la surveillance des sujets qui
sortent de 37 jours d’isolement.
Par ailleurs, les enseignants n’auront pas le temps de souffler.
Puisqu’ils doivent se mettre, dès demain, à la tâche des corrections des
sujets. Pari risqué mais réussi donc pour la ministre de l’Education
nationale.
Avec une totale confiance, Nouria Benghabrit a promis que le scénario du
bac 2016 ne se reproduirait pas pour la session 2017. «Ce qui s’est
produit lors du bac 2016 nous a servi de leçon et ça ne risque pas de se
reproduire», ne cessait-elle de rassurer. Une déclaration qui lui a valu
beaucoup de critiques. Cette confiance en elle a été interprétée comme
étant un défi qu’elle lançait à ses détracteurs. Depuis, elle a été
attendue au tournant.
La mission de la ministre de l’Education à mener à bien ces épreuves
n’était pas gagnée d’avance. D’autant plus que le chef de file de cette
mission est une ministre qui dérange depuis qu’elle a affiché sa volonté
d’introduire des réformes dans le secteur.
La fuite massive organisée l’année dernière, obligeant le gouvernement à
organiser une deuxième session, marque toujours les esprits. Ainsi, à
l’approche des épreuves, le pays retient son souffle. Les épreuves ont
démarré le 11 juin dernier dans la hantise de la fraude et ont tenu en
haleine toute la société.

Coup d’envoi, dimanche, 11 juin
La ministre de l’Education donnait le coup d’envoi des épreuves du bac,
le dimanche dernier, à 9h à partir de la wilaya de Guelma. Vingt minutes
plus tard, ce qui s’est produit lors des épreuves de la 5e et du BEM se
reproduit pour le bac.
Les sujets des six filières avec les corrigés ont été mis en ligne sur
de nombreuses pages créées sur les réseaux sociaux. Des profils, se
présentant comme étant des candidats, ont postés des sujets pour
demander des solutions.
La ministre de l’Education ne laisse apparaître aucune panique. Lors de
son point de presse, ce jour-là, elle a expliqué que la diffusion des
sujets après le début des examens n’a aucun impact sur le déroulement
des épreuves. D’où sa décision d’interdire l’accès à tout candidat qui
arrive au centre d’examen après 9h.

Le lundi, deuxième jour des épreuves
En ce deuxième jour des épreuves et pour bloquer la diffusion des sujets
sur le net, le gouvernement a décidé de bloquer l’accès à internet via
la 3G et la 4G. Certaines pages Facebook qui font circuler les sujets
ont été fermées. La mesure n’a pas eu d’effet et les sujets ont été,
encore une fois, postés sur internet.

Mardi, au troisième jour
En ce troisième jour des épreuves, le ministère de l’Education, qui a
déjà annoncé qu’il n’aura pas à recourir au blocage d’internet, se
retrouve contraint de revenir sur sa déclaration. Ce jour-là, l’accès à
internet via une connexion ADSL est perturbé et les réseaux sociaux
totalement bloqués. Là encore, la mesure a été contournée et les sujets
ont pu être mis en ligne, après dix minutes du début des épreuves.
Les tentatives de faire avorter le plan anti-fraude de Benghabrit se
sont poursuivies tout au long de la semaine d’épreuves, en vain.
Les syndicats montent au créneau pour demander de chercher les coupables
en dehors des candidats et des enseignants chargés de la surveillance.

Mercredi, suspicion sur une fuite de sujets
Une rumeur sur la fuite de sujets a marqué ce quatrième jour d’épreuve.
Ce matin-là, les sujets d’examen ont été distribués avec une demi-heure
de retard. Pire, la veille, mardi, le sujet de philosophie a été
distribué avec une heure de retard.
Des syndicats ont expliqué ce retard par le recours à des sujets de
substitution. Il y aurait eu une suspicion sur une éventuelle fuite de
sujets et le ministère de l’Education a utilisé des sujets de réserve,
ce qui expliquerait ce retard. Une intox, selon les déclarations
officielles.

Les absents se font remarquer
Si cette session du bac a été marquée par la diffusion des sujets sur le
net, elle est aussi marquée par le nombre élevé des exclus en raison des
retards. 706 701 candidats se sont inscrits à la session du bac 2017.
Sur les 491 298 des candidats scolarisés inscrits, 482 695 ont passé cet
examen. On recense 10 023 absences parmi ces candidats, soit un taux de
2, 04%.
Dans les rangs des candidats libres, le ministère de l’Education a
enregistré un taux d’absence de 11%, soit 3 3976 absences sur les 270
403 candidats.
Les retardataires qualifient cette ponctualité d’«injuste». Il s’agit,
selon eux, de l’examen «de leur vie» et leurs parents osent demander une
deuxième session.
L’exclusion de leurs enfants en raison de 5 à 10 minutes de retard de
cet examen est «une injustice». Benghabrit reste ferme devant la
pression des syndicats et des parents. Elle a rappelé avoir recommandé,
depuis plusieurs mois, aux candidats d’aller visiter les centres
d’examen la veille des épreuves pour ne pas prendre le risque d’arriver
en retard.
Elle a rappelé également que les centres d’examen ouvriront leurs portes
à 8h et fermeront à 9h pour laisser le temps aux candidats d’arriver.

La valeur du temps n’a pas été prise au sérieux alors que toutes ces
consignes se trouvent sur les convocations des candidats.

441 tentatives de fraude
Le ministère de l’Education a recensé 441 tentatives de fraude durant
les quatre jours des épreuves liées essentiellement à l’utilisation des
téléphones portables. Ces derniers risquent entre cinq et dix ans
d’exclusion.
Les personnes impliquées dans la diffusion de sujets, quant à elles,
feront objet de poursuites judiciaires.

Revoir la forme des sujets d’examen pour empêcher la triche
La diffusion des sujets en ligne a entaché cette édition. Les mesures de
sécurisation drastiques mises en place n’ont pas permis de venir à bout
des pratiques de parasitage.
Les syndicats estiment qu’il est temps de revoir la forme de la
conception des sujets. Ces derniers, tels que conçus actuellement, basés
sur la mémorisation, encouragent la triche.
Un constat que partage la première responsable du secteur qui a déjà
annoncé la révision, pour cette année, de la forme de la conception des
sujets. Mais cela n'a pas été appliquée.
S. A.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): S. A.

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