Hanoune au sujet des résultats proclamés par le Conseil constitutionnel :: «La redistribution de trois sièges ne change rien à la carte politique»

Lesoir; le Samedi 20 Mai 2017
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La SG du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune,
met en garde contre les agissements du système politique qui, selon
elle, recourt à la violence à cause de son incapacité à se régénérer.
Lyas Hallas - Alger (Le Soir) - Hier à l’ouverture des travaux de la
session ordinaire du Comité central de son parti, la secrétaire générale
(SG) du Parti des travailleurs (PT), a estimé que les résultats
définitifs des législatives du 4 mai, proclamés la veille par le Conseil
constitutionnel, ne changent rien à la nouvelle carte politique, faite
des partis du pouvoir, ses courtisans et sa clientèle.
«A peine trois sièges ôtés au FLN pour être redistribués à des partis
amis ou pour intéresser le HMS qui devait se prononcer sur sa
participation ou non au nouveau gouvernement», a-t-elle déclaré. Et
d’asséner : «Ce n’est certainement pas la faute au Conseil
constitutionnel qui a été submergé par les recours dont beaucoup ont été
formulés par les partis du pouvoir lesquels s’accusaient entre eux.
C’était pire que lorsque Naegelen bourrait les urnes pour empêcher les
nationalistes algériens à accéder aux assemblées élues et tout le monde
admet désormais une fraude totale».
Louisa Hanoune, qui a indiqué que le taux de participation au scrutin du
4 mai n’aurait pas dépassé les 20% et que le bourrage des urnes, qui a
porté ce taux à 35%, a favorisé les courtisans et la clientèle du
régime. «C’est un viol de la conscience des 80% qui n’ont pas participé
à ces élections et constituent la majorité. Et les méthodes utilisées
dénotent surtout du mépris de la volonté de la majorité. Le régime ne
met plus les formes pour frauder. Le recours à des voyous pour encadrer
les élections ou le chantage au financement exercé sur les organisations
de la société civile afin de les amener à faire campagne pour les partis
du pouvoir en sont les expressions les plus abjectes», a-t-elle noté.
La SG du Parti des travailleurs a ainsi mis en garde contre les
conséquences des agissements du système politique qui, à cause de son
incapacité à se régénérer, recourt désormais à la violence. «C’est un
système politique finissant. Le peuple algérien l’a sanctionné en
s’abstenant à hauteur de 80% le 4 mai dernier. Même les éléments des
services de sécurité et des militaires, qui ont été contraints à aller
voter, ont voté blanc ou nul. Mais l’attitude de ce système nous a
montré que le changement ne peut s’opérer qu’au bout d’un mouvement
populaire», a-t-elle souligné.
Or, Louisa Hanoune, qui a qualifié les consultations menées par le
Premier ministre Abdelmalek Sellal d’une énième provocation – «une
assemblée populaire illégitime ne peut donner qu’un gouvernement
illégitime», a-t-elle dit –, parie sur un effondrement imminent du
système. «La nouvelle assemblée compte 80 hommes d’affaires venus
légiférer pour eux-mêmes. La question que se pose désormais tout
patriote est de savoir combien de temps durerait cette assemblée
illégitime ? Quelques semaines ou quelques mois ? Elle n’irait, en tout
cas, pas au bout de son mandat», a-t-elle projeté.
L. H.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): L. H.

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