Hôpital de Khemis Miliana: Faute de consommables, le programme froid de chirurgie se fait au compte-gouttes

Lesoir; le Jeudi 13 Septembre 2018
2

Depuis des semaines, au niveau du seul hôpital de la
commune de Khemis Miliana, qui compte plus de 100 000 habitants et qui,
de par sa situation géographique, prend en charge tout l’Est et le
Sud-Est de la wilaya et même le secteur Nord de la wilaya voisine du
Sud, Tissemsilt, les interventions chirurgicales se pratiquent dans les
cas d’urgence, dans le cadre du programme dit «chaud», les autres cas
relèveront du programme dit «différé». appelé programme «froid»
Selon diverses sources concordantes, l’origine de l’arrêt du programme
«froid» est due à la rupture de l’approvisionnement de l’hôpital en
produits consommables tels que les tubulures catgut (fil de suture), les
produits anesthésiants entre autres. On indique même que la solution
Bétadine, un désinfectant, a été retirée de la nomenclature mais pas
remplacé par un autre produit.
Pire encore, des produits comme le sérum salé ou les sels hydratants
pour réhydrater certains patients dans le cas de certaines pathologies,
ne sont plus disponibles non seulement à l’hôpital mais aussi
introuvables au niveau des pharmacies.
Ainsi à l’hôpital Si Ahmed-El-Eutrache de Khemis Miliana, toujours selon
nos sources, le stock de produits restants est spécialement réservé pour
les cas d’extrême urgence, pour les autres cas, il appartient au Conseil
médical de l’hôpital d’en décider et les interventions ne se font qu’au
moment où la complication fait du cas «différé» une urgence.
Quand on sait que l’EPH de Khemis Miliana, construit dans l’urgence
après le séisme de 1980 a eu à prendre en charge les milliers de cas de
victimes du terrorisme, qu’il prend actuellement en charge les patients
des daïras de Boumedfaâ, de Djendel et Bordj Emir Khaled principalement
en matière de traumatologie notamment les accidentés de la RN 4, la RN
14 et la RN 18 et depuis quelques années, les blessés de l’autoroute. On
peut imaginer la tension de la surcharge qui pèse sur cet hôpital. Par
ailleurs, selon les informations que nous avons pu obtenir, les
programmes «chaud» et «froid» se pratiquent normalement au niveau de
l’hôpital Farès-Yahia de Miliana.
On explique cela par le fait que l’accès à cet EPH n’est pas facile à
partir de la RN 4 ou même par Khemis Miliana à cause des 10 km de routes
tortueuses qui y mènent. De plus, indique-t-on, l’hôpital Farès-Yahia ne
dispose pas de service de traumatologie, donc moins de charge et plus
d’économie de produits indispensables en chirurgie.
Toujours selon certaines sources l’hôpital de Khemis Miliana détient un
cumul de dettes de 16 milliards de centimes contractées auprès de la PCA,
les dettes s’étant accumulées de 2015, à 2017.
Cet EPH, il faut le savoir, prend en charge aussi le Centre
d’hémodialyse qui lui est annexé. Pour cette prise en charge, l’hôpital
est doté d’un budget de 6 à 7 milliards de centimes dont 5 milliards
sont dépensés uniquement pour les produits de soins, et lesquels le
fournisseur l’IMC n’admet aucun retard de paiement. Contrairement à la
PCA (Pharmacie centrale d’Alger). Toutefois, nous avons appris que la
PCA a commencé à approvisionner les EPH, mais a priorité est accordée
aux grands hôpitaux et autres CHU, les EPH de l’intérieur attendront,
les patients aussi auront à prendre leurs maux en patience.
Il faut dire simplement que l’hôpital de Khemis Miliana est lui-même
dans une situation d’urgence parce que, atteint de vétusté galopante, il
se trouve confronté à de graves problèmes d’entretien et de salubrité du
fait que sa construction qui date de 1984, en préfabriqué a atteint
largement sa durée de vie, ce qui fait de lui un hôpital condamné à être
reconstruit et réhabilité décemment pour qu’il puisse répondre
convenablement aux attentes de soins d’une population plus nombreuse, en
progression constante.
Plus d’une fois, les ministres de la Santé successifs qui ont visité la
wilaya de Aïn Defla ont été interpellés a propos d’une éventuelle
inscription d’un projet de construction d’un nouvel hôpital ou de la
réhabilitation de l’actuel et pour toutes réponses, nous n’avons eu
droit qu’à des «on verra plus tard».
On signalera que juste à proximité de l’hôpital de Khemis Miliana, a été
entamée la construction d’un méga, théâtre à coup de dizaines de
milliards alors qu’aucune troupe théâtrale n’est connue localement,
alors où est le sens des priorités, même si les activités culturelles
sont toutes aussi nécessaires ? Sur un autre registre, nous apprenons
que de nombreux médicaments sont frappés nouvellement de la majoration
de référence.
Karim. O.

Categorie(s): régions

Auteur(s): Karim. O.

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..