IL FAIT FACE À DE GRAVES DISSENSIONS: Impasse au FFS ?

Lesoir; le Samedi 17 Novembre 2018
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La décision que prendra le conseil national du FFS,
réuni depuis hier en session, tracera les contours du devenir du plus
vieux parti de l’opposition démocratique en Algérie. Ce vendredi au
siège national du parti, sis à la rue Souidani-Boudjemaâ, une ambiance
particulière régnait. La présence en force des partisans des uns et des
autres atteste de la «gravité» du bras de fer qui oppose les deux clans.

Abder Bettache - Alger (le Soir) - C’est la première fois, depuis la
disparition du leader charismatique, feu Hocine Aït Ahmed, que le parti
est plongé dans une grave crise organique. La démission de M. Ali Laskri
de l’instance présidentielle et la surprenante mesure de suspension de
l’ex-premier secrétaire national et député M. Mohamed Nebbou des
instances du parti a fait précipiter les événements au sein de la maison
FFS.
L’ouverture des travaux du conseil national a eu lieu dans une ambiance
très tendue voire électrique, opposant les partisans des deux clans qui
se disputent la direction du parti. D’un côté, on parle des proches de
M. Ali Laskri, venus en force exprimer leur solidarité avec le membre
démissionnaire de l’instance présidentielle, et de l’autre les pro-Baloul,
qui ont tenu des partisans de l’autre clan en portant des casquettes de
couleur blanche sur lesquelles est porté le sigle du FFS.
Cela dit, la réunion du conseil national s’est tenue à huis clos. La
presse venue nombreuse couvrir «l’événement» s’est contentée de quelques
propos recueillis auprès des militants et autres cadres du parti. Bien
évidemment, l’enjeu de cette importante réunion organique est
incontestablement la question de la tenue d’un congrès extraordinaire et
ce, conformément à l’article 48 du statut du parti.
En effet, la démission de M. Laskri de l’instance présidentielle
contraint, conformément à cette disposition, la direction du parti
d’aller vers un congrès extraordinaire. Ainsi, l’article en question
stipule que «si le nombre des membres de l’instance présidentielle est
réduit à moins de trois, un congrès extraordinaire est convoqué pour
élire une nouvelle instance présidentielle».
Au jour d’aujourd’hui, l’instance présidentielle composée au lendemain
du cinquième congrès, soit en 2013, de cinq membres, se voit aujourd’hui
réduite à deux membres, et ce, après la «mesure d’exclusion de M. Rachid
Hallet», et la démission de deux autres membres. Pour un grand nombre
d’observateurs, la démission de M. Ali Laskri de l’instance
présidentielle dénote de la «grave» crise que traverse depuis quelques
jours le parti. Bien évidemment, cette instance pèse lourdement sur le
fonctionnement du parti et ce, au vu des attributions que lui confère le
statut du parti. Ainsi, l’article 50 indique que «l’instance
présidentielle désigne le premier secrétaire parmi les membres du
conseil national.
Le premier secrétaire est chargé de coordonner l’activité du secrétariat
national et d’assurer le fonctionnement du parti.Le premier secrétaire
représente le parti devant toutes les institutions, pendant l’exercice
de ses fonctions». Mieux, l’article 51 stipule, quant à lui, «qu’en
concertation avec l’instance présidentielle, le premier secrétaire
choisit son secrétariat parmi les militants. Le premier secrétaire
présente, pour débat et adoption, un programme d’action au conseil
national. Le premier secrétaire présente annuellement le bilan du
secrétariat national devant le conseil national». Cela étant, à en
croire des sources proches du conseil national, les travaux de ce
vendredi étaient houleux entre les partisans des deux clans. Les débats
devaient se poursuivre tard dans la soirée et l’urgence d’une résolution
doit être prise au plus tard aujourd’hui dans la matinée.
A. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. B.

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