ILS SE SONT RASSEMBLÉS HIER AU CENTRE D’ALGER: Le coup de force des résidents

Lesoir; le Mercredi 13 Juin 2018
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Les médecins résidents sont passés outre
l’interdiction de marcher à Alger. Ils étaient, hier, plusieurs
centaines à se rassembler au niveau de la Grande-Poste. Les plus
téméraires ont marché jusqu’à l’APN au moment où la commission examinait
le projet de loi sur la santé. Le président de l’APN a reçu une
délégation de résidents promettant de faire l’intermédiaire avec le
Premier ministère. Bien que toléré, le rassemblement a été ponctué par
des échauffourées entre forces de l’ordre et manifestants.
Nawal Imés - Alger (Le Soir) - Le Collectif autonome des médecins
résidents (Camra) a décidé de porter la protestation dans la rue.
Jusque-là confinés dans les CHU, les résidents se sont donné rendez-vous
à la Grande-Poste. Plusieurs centaines d’entre eux ont réussi à déjouer
les barrages filtrants pour rejoindre le lieu du rassemblement. Dans un
premier temps, les résidents avaient fait croire qu’ils se
rassembleraient à l’intérieur du CHU Mustapha comme d’habitude avant de
rejoindre par petits groupes la Grande-Poste où un imposant dispositif
de sécurité a été déployé. Dès dix heures du matin, le ton était donné :
les premiers contestataires étaient déjà sur place scandant des slogans
et entourés par un important cordon de sécurité. Pendant ce temps, un
deuxième groupe était rassemblé face à l’APN.
Les plus téméraires ont réussi à échapper au cordon sécuritaire et à
marcher de l’APN jusuqu’à la Grande-Poste. Nullement impressionnés par
le déploiement inédit de policiers, les médecins résidents ont crié
leurs revendications et tenté plusieurs fois de briser le cordon de
sécurité pour entamer une marche. Après deux heures de face-à-face avec
les policiers, un important groupe de résidents a réussi à forcer le
passage et à courir vers la rampe Ali-Boumendjel. Grand moment de
tensions et bousculades. Des médecins sont à terre. Leurs camarades
huent les policiers et scandent «Pacifique, Pacifique».
Les policiers commencent à ne plus tolérer la présence de la presse. Les
photographes font l’objet d’une étroite surveillance. Pendant ce temps,
Boulevard Zighoud-Youcef, un autre groupe de résidents est rassemblé
face à l’APN. Là aussi, le dispositif de sécurité est impressionnant.
Tout comme leurs camarades rassemblés à la Grande-Poste, ils scandaient
des slogans appelant à l’abrogation du service civil et de la loi sur la
santé. Au même moment, la commission de la santé au sein du Parlement
examinait ledit texte.
Les médecins résidents ont demandé à être reçus par son président. Ce
dernier a refusé de rencontrer des délégués du Camra. Membre de ladite
commission, la députée Karima Chouiter était aux côtés des manifestants,
estimant «immoral» de prendre part aux travaux de la commission alors
que les résidents sont dans la rue. Ramdane Taâzibt, également député du
Parti des travailleurs, a tenté de jouer le médiateur entre les
manifestants et les membres de la commission.
En fin de journée, son président était toujours opposé à l’idée de
discuter avec les contestataires mais le président de l’APN semblait
disposé à recevoir une délégation des résidents. En début d’après-midi,
les résidents étaient toujours rassemblés au niveau de la Grande-Poste
dans un face-à-face qui semblait interminable avec les forces de
l’ordre. Un grand nombre d’entre eux ont été forcés de monter dans des
bus qui les ont conduits loin du lieu du rassemblement.
Après le refus du président de la commission santé de les recevoir,
c’est finalement le président de l’APN qui a reçu une délégation du
Camra, promettant de jouer les intermédiaires avec le Premier ministère
au moment où la situation semble totalement bloquée et que le spectre de
l’année blanche plane.
N. I.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): N. I.

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