Juventus Turin: Allegri, le discret M. Bonheur

Lesoir; le Jeudi 13 Septembre 2018
2

Sans tambour ni trompette: dans son style feutré,
Massimiliano Allegri va officier ce soir pour la 201e fois sur le banc
de la Juventus en 8es de finale aller de la Ligue des champions contre
Tottenham.
Nommé à la surprise générale en 2014 pour remplacer Antonio Conte, qui
avait remis les Bianconeri au centre du foot italien après le scandale
du Calciopoli en 2006, Allegri a vaillamment sauté vendredi contre la
Fiorentina (2-0) la barre des 200. Pourtant, l'élégant coach pince-sans
rire de 50 ans, n'était pas sûr d'arriver à cette marque. La fessée
infligée au printemps par le Real (4-1) aurait pu laisser des traces. Le
technicien a été à deux doigts de jeter l'éponge. «Je me suis demandé si
j'arriverai à écrire le dernier chapitre de mon histoire à la Juventus»,
reconnaissait-il à l'époque. Avant d'expliquer que son «amour de
l'enseignement» l'avait poussé à rester. Dans la foulée, il a donc
prolongé jusqu'en 2020. «C'est mon vrai plaisir dans la vie,
détaillait-il alors. J'aime aider les joueurs à progresser, qu'ils
deviennent plus intelligents. Je sais que j'ai encore beaucoup à prouver
et que j'ai encore beaucoup à apprendre».

«J'essaye de faire le moins de dégâts»
Certes, il reste loin des 596 matchs sur le banc du mythique Giovanni
Trapattoni. Mais avec 142 victoires au compteur, il affiche un taux
record de succès supérieur à 70%. En championnat, bénéficiant de la
victoire à trois points, il compile désormais 238 points en Serie A,
quatre de plus que les précédents détenteurs du record, son prédécesseur
et Carlo Carcano dans les années 30. Question palmarès national, Allegri,
qui sortait pourtant d'une expérience inachevée avec l'AC Milan, n'a pas
à rougir non plus, puisqu'il vient d'offrir sept titres au géant du
Piémont, dont les trois derniers en championnat. Avec ceux de Conte,
cela fait donc six ans que la Juve truste la première place du
classement. Allegri minimise pourtant son importance dans l'édifice
turinois. «Les joueurs gagnent, moi j'essaye de faire le moins de dégâts
possible», aime-t-il ainsi à dire, non sans humour. Une réussite
sportive qui s'ajoute à la bonne santé économique du club et contraste
avec un football italien moribond, à l'image de la non-qualification
historique de la Nazionale pour le Mondial-2018.

Remplacer Conte à Chelsea ?
A tel point que le nom d'Allegri est arrivé jusqu'à Londres, pour
prendre en charge des grosses écuries du calibre d'Arsenal, et même de
Chelsea... si Conte, encore lui, est évincé plus tôt que prévu. S'il
ambitionne vraiment de rebondir en Premier League, l'alléchante
opposition de style face aux Spurs de Mauricio Pochettino qui s'offre à
lui en C1 vient à point nommé pour faire un peu plus grimper sa cote. Il
y a toutefois des ombres au tableau: en dépit d'une série de 11
victoires d'affilée et d'un minuscule but encaissé lors de ses 16
dernières sorties, la Juve court pourtant toujours derrière Naples cette
saison dans le Calcio. Et sur le continent, deux claques en finale de la
Ligue des champions en trois ans (2015, 2017), ternissent un peu sa
réputation. Cette année, la moyenne d'âge d'une équipe vieillissante
pourrait singulièrement amoindrir les chances du club de remporter enfin
sa 3e Coupe aux grandes oreilles après 22 ans d'attente. La défense,
pilier des succès du passé, est construite autour du gardien Gianluigi
Buffon, 40 ans et 500 matchs de Serie A au compteur, Giorgio Chiellini
et Andrea Barzagli, respectivement 33 et 36 ans. Allegri pourra-t-il
donner une nouvelle jeunesse à sa «Vieille Dame» ?

Categorie(s): sports

Auteur(s): lesoir

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..