L’ambassadeur de France à propos de l'’indemnisation des victimes algériennes de la guerre : «Il faut attendre l’interprétation des juristes»

Lesoir; le Jeudi 14 Juin 2018
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«La décision du Conseil constitutionnel est
définitive et n’est susceptible d’aucun changement mais reste à
l’interpréter par les juristes et la mettre en œuvre.» C’est ce qu’a
déclaré l’ambassadeur de France en Algérie M. Xavier Driencourt en
évoquant la décision du Conseil constitutionnel français rendue le 8
février dernier qui a étendu le droit à une pension à toutes les
victimes de la guerre d'Algérie qu'elles soient françaises ou non.
Ilhem Tir - Constantine (Le Soir) - En effet, le Conseil
constitutionnel français avait tranché jeudi dernier en permettant à
toutes les victimes de la guerre d'Algérie de pouvoir prétendre à une
pension pour peu qu'elles résidaient dans le pays lors du conflit.
Jusqu'à cette décision du jeudi 8 février, seules les victimes de
nationalité française en avaient le droit. Il s’agit, en fait, d’une
réponse à une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée
par Abdelkader K., victime à l'âge de 8 ans des violences liées au
conflit en Algérie. M. Xavier Driencourt qui avait animé un point de
presse tenu au niveau de la librairie Média Plus de Constantine,
s’attendait à être interrogé par rapport à cette question, pour preuve,
il avait en main une copie de la décision du Conseil constitutionnel
qu’il a lue en soulignant l’existence de certaines réserves concernant
les personnes qui ont participé directement ou indirectement aux
attentats ou autres formes de violences et qui sont exclues du
dispositif. Quelle interprétation pour cette décision ?
Le diplomate a précisé que «il y a un certain nombre de restrictions et
pour cela, il faut attendre la lecture des juristes» et d’ajouter «c’est
au ministère français des Armées de déterminer l’interprétation et la
mise en œuvre de cette décision», ceci pour définir le nombre et les
personnes qui peuvent prétendre à cette indemnisation et les modalités
d’application. Il a, ainsi, préféré la prudence et le choix des mots
pour aborder cette question et celles relatives au lourd passé entre les
deux pays même si une nouvelle ère du Président Macron avec «sa manière
décomplexée de regarder la colonisation» semble donner un nouveau
souffle pour les relations entre les deux pays.
Le nombre de visites officielles en Algérie depuis 6 mois en témoigne,
selon le diplomate français, de l’intérêt que porte la France pour
l’Algérie et la nécessité de développer la coopération dans tous les
domaines.
La visite de l’ambassadeur français à Constantine revêt un caractère
officiel, elle l’a conduit à la société Etrag, spécialisée dans
l’équipement agricole de Aïn Smara où il s’est enquis des avancées de
l’industrie mécanique et les différentes opportunités d’investissements
et de partenariats, notamment dans le domaine de la sous-traitance qui
peuvent intéresser les PME françaises. A noter que l’ambassadeur a
rencontré à cette occasion M. Abdessami Saïdoune, wali de Constantine,
et M. Najib Arab, président de l’APC. Au cours de cette journée,
l’ambassadeur s’est entretenu également avec plusieurs personnalités du
monde universitaire et culturel de la ville. Il a précisé que
l’ouverture d’un consulat à Constantine n’était pas d’actualité. «Le
consulat d’Annaba sera élargi avec désignation d’un consul général pour
Annaba et Constantine», a-t-il affirmé. Concrètement rien ne changera,
c’est plutôt une approche symbolique pour que la représentation
consulaire soit plus active.
I. T.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): I. T.

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