L’OMS devrait l’annoncer prochainement: Vers la fin de l’épidémie Ebola

Lesoir; le Mercredi 30 Decembre 2015
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L’éminent professeur Belhocine devrait annoncer
prochainement la fin de l’épidémie Ebola en Afrique australe pour le
compte de l’Organisation mondiale de la santé.
Abla Chérif - Alger (Le Soir) - Représentant de l’OMS en Guinée, il
nous en parle ici et donne par là même son avis sur le système sanitaire
en Algérie.
Inévitablement, il revient d’abord sur la «flambée qui a enflammé la
Guinée, le Liberia et la Sierra Leone et en Ouganda» notamment, et qui a
pris dit-il une telle ampleur que l’OMS a été contrainte de déclarer un
plan d’urgence international car la sécurité sanitaire mondiale était
menacée.
«Une réaction très forte s’en est suivie au plan international ce qui a
permis de vaincre deux ans après cette épidémie en Sierra Leone et au
Liberia même s’il subsiste des foyers contrôlés». Restait alors la
Guinée. «C’est un pays où nous sommes aussi en voie d’en finir avec
cette maladie. Si le 29 décembre aucun cas n’est dénombré, l’OMS
décrétera la fin d’Ebola non seulement en Guinée mais dans toute
l’Afrique de l’Ouest.»
Comme tant d’autres pays, l’Algérie, nous apprend-il, a été épargnée par
cette épidémie car elle a très sérieusement respecté les recommandations
de l’OMS, notamment à travers le contrôle frontalier.
De manière globale, dit-il, des dispositions importantes ont été prises
par notre pays pour faire face à toute maladie épidémique. Interrogé au
sujet des effets de la grippe H1N1 en Algérie, le professeur Belhocine a
tenu à préciser et rassurer une nouvelle fois en expliquant que le H1N1
était «en réalité une grippe banale qui rend plus vulnérables certains
patients atteints de troubles respiratoires».
«Il y a quelques années, poursuit-il, nous avions peur car il y avait eu
la grippe aviaire, cette maladie des oiseaux qui se transmet à l’homme.
Il y avait eu une alerte. Vous savez que le virus de la grippe est un
virus qui mute.
L’inquiétude des experts était légitime, mais très vite, nous nous
sommes apperçus que la maladie n’était pas aussi grave que l’on croyait,
autrement, cela aurait été une véritable hécatombe. Et il est apparu
qu’il ne s’agissait que d’une grippe saisonnière.»
S’agissant du système sanitaire algérien, le représentant de l’OMS en
Afrique estime sincèrement que «nous devrions être fiers de tout ce qui
a été entrepris depuis l’indépendance notamment en matière de relance
des structures de santé et d’éradication de maladies telles que le
paludisme, la tuberculose…» Il évoque également la faculté qu’a eu
l’Algérie de parvenir à la formation de 1 000 à 1 500 médecins par an
«ce qui n’est pas donné à tout le monde». «Après plus de soixante ans
d’indépendance, certains pays africains n’ont pas encore d’écoles de
formation alors que l’Algérie en dispose et dans toutes les filières.»
Il reconnaît cependant que le système sanitaire en Algérie «n’est pas
parfait, il y a des difficultés, les hôpitaux sont délaissés, et il
s’agit à présent de regarder lucidement ce système et de tenter de gérer
ses travers».
Le professeur Belhocine, 64 ans, est consultant international en santé
publique et développement. Il occupe les fonctions de représentant de
l’OMS en Guinée et joue un rôle clé dans l’appui technique et
l’expertise apportés à la Guinée dans sa riposte à l’épidémie Ebola. Au
cours de sa carrière, il a reçu de nombreuses distinctions dans le cadre
de ses activités.
A. C.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. C.

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