LE FRONT POLISARIO ORGANISE SA 8e UNIVERSITÉ D’ÉTÉ À BOUMERDÈS: «Le statu quo est intenable»

Lesoir; le Samedi 12 Aout 2017
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Abdelkader Taleb Omar, le Premier ministre sahraoui,
a présidé la cérémonie officielle de l’ouverture de l’université d’été
(du 10 au 25 août) dans sa 8e édition. A l’issue de son discours adressé
plutôt aux militants du Polisario et les cadres de la RASD (République
arabe sahraouie démocratique), le Premier ministre a animé un point de
presse.
La principale idée qui émerge de cette conférence concerne la situation
de ni paix ni guerre qui prévaut dans le pays du conférencier et qui
devient intenable pour les Sahraouis. «Le statut quo perdure toujours au
Sahara occidental à cause de l’escalade du régime marocain dans sa
politique de surenchère»,dira Taleb Omar. Et d’ajouter plus menaçant :
«Le peuple sahraoui ne peut pas rester inactif à l’infini. Tant que le
peuple sahraoui n’a pas recouvré son droit à l’indépendance avec des
méthodes pacifiques et légales, il demeure prêt à toutes les
possibilités, dont le retour au combat armé. Cependant le dirigeant de
la RASD ne ferme pas totalement les portes du dialogue. «Néanmoins, nous
préférons, dans le contexte actuel, privilégier les solutions et les
démarches pacifiques pouvant être les solutions pour régler ce conflit,
notamment par le biais des institutions des Nations-Unies.»
Dans la perspective de la poursuite du dialogue avec les autorités
marocaines, le Premier ministre sahraoui interpelle une autre fois
l’Organisation des nations-unies (ONU). «Depuis la promulgation de la
résolution onusienne N°23/51, en avril dernier, le peuple sahraoui et
son gouvernement sont toujours en attente du nouvel envoyé spécial du
secrétaire général des Nations-unies dans la région.»
Le conférencier n’a pas manqué de dénoncer les entraves du gouvernement
du Royaume chérifien qui, selon lui, tente par tous les vils moyens
politiques de gagner du temps.
Le Premier ministre sahraoui pense que le Maroc qui traverse une grave
crise économique qui, en plus, des émeutes quotidiennes dans le Rif,
sont des facteurs d’instabilité pour ce pays. «La stabilité du Maroc
dépend de la paix dans la région.» Il considère, par ailleurs, que ces
difficultés que dresse le Maroc sur le chemin du dialogue entre les deux
parties sont source de tension. Il appelle l’ONU à faire montre de plus
de rigueur pour ne pas gaspiller plus de temps. Il accuse, à l’occasion,
l’Espagne qui, selon lui, se cantonne dans une mauvaise position
abandonnant son rôle d’ancienne administration occupante du Sahara
occidental et de Rio de Oro.
Omar Taleb estime qu’il y a un décalage frappant entre la position du
gouvernement ibérique et celle du peuple espagnole.« L’Espagne n’a pas
joué le rôle qui lui revenait historiquement dans la cause de notre
peuple qui revendique son autodétermination.» Il pense que les forces
politiques et la société civile espagnoles ont un rôle à jouer pour
amener l’Espagne à adopter une position constructive en faveur des
Sahraouis. Dans le même sillage, il égratigne un peu la France
«protectrice historique du régime marocain» mais ne désespère pas de
voir le président Macron prendre position en faveur du droit universel
et qu’il apporte son appui à la recherche de la paix.
Le Premier ministre sahraoui a accablé le Maroc au sujet de la violation
des droits de l’Homme dans les territoires occupés et l’exploitation
illégale des ressources naturelles de son pays. «Les violations des
droits humains, par le régime marocain, dans les régions sahraouies
occupées, les jugements arbitraires, de même que le trafic de drogue et
l’exploitation illégale des ressources sahraouies et autres pratiques
illégales de l’occupant, ne sont pas faits pour créer les conditions
idoines à une solution pacifique à la cause sahraouie», conclura-t-il.
Abachi L.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): Abachi L.

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