Le parti de Benflis et la situation du pays: «La lutte des clans s’est exacerbée»

Lesoir; le Dimanche 13 Aout 2017
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Le parti des Avant-gardes des libertés se dit
préoccupé par la confusion créée au sommet de l’Etat par l’exacerbation
de la lutte des clans au sein et à la périphérie du pouvoir, avec en
perspective l’échéance de 2019.

M. Kebci - Alger (Le Soir) - Une situation qui, selon le bureau
politique du parti, réuni hier samedi en session mensuelle ordinaire,
«influe négativement sur la gestion des affaires de l’Etat» et est
«significative d’une aggravation de la crise de régime et de la
profondeur de l’impasse politique générée par la vacance qui perdure au
sommet de l’Etat, impasse qui a dégénéré, en un délitement des
institutions et constitue un danger pour la stabilité du pays et la
sécurité nationale».
Pour le parti que préside Ali Benflis, le pouvoir a entrepris un
«ravalement de façade du régime pour donner l’illusion du changement,
déclinée dans des velléités déclarées du gouvernement de lutter contre
la corruption avec la mise en cause de certains milieux d’affaires et de
personnalités politiques, de séparer l’argent de la politique et de
dénoncer et responsabiliser le gouvernement précédent accusé de
complicité ou du moins de laisser-faire dans le préjudice causé à
l’économie nationale».
Et de s’interroger sur «quel crédit peut être accordé à la «campagne
contre la corruption», s’appuyant sur le fait que le pouvoir «n’ayant
jamais fait montre de volonté politique de lutter contre ce fléau qui
gangrène l’économie nationale et la société toute entière ayant miné les
fondements de l’Etat, que dans les rares affaires de dilapidation de
deniers publics qui ont été jugées ,les personnalités impliquées ont été
préservées, voire promues à des postes supérieurs dans les institutions
de l’Etat».
Ceci pour conclure qu’il est «difficile aujourd’hui de faire croire à
l’opinion publique que le gouvernement est dans une logique de lutte
contre la corruption».
D’où la prudence du parti à ne nourrir «aucune illusion quant à la
sincérité du pouvoir en place», ne croyant pas que le pouvoir en place,
puisse combattre sa raison d’être».
Pour le parti des Avant-gardes des libertés, «il ne faut pas être dupe
pour s’attendre à ce que ceux qui ont siphonné les fonds publics et ceux
qui les ont aidés et accompagnés pour le faire soient sanctionnés. Ce
serait faire le procès de tout le système politique en place». Car
convaincu que les milieux d’affaires qui soutiennent le régime,
«n’auraient jamais été mis en cause s’ils n’avaient pas été suspectés de
vouloir peser sur les choix liés au rendez-vous électoral de 2019 qui
constituent, pour le pouvoir, une ligne rouge à ne pas franchir».
Le parti des Avant-gardes des libertés estime que la guerre «n’est pas
menée contre la corruption, mais contre ceux qui auraient tenté de
franchir cette ligne rouge, qu’ils soient personnalités politiques ou
détenteurs des produits de la rente», considérant que «seule une justice
indépendante et une volonté politique affirmée mettront fin à
l’impunité».
M. K.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): M. K.

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