Le président du Haut-Conseil islamique au sujet de la grève des enseignants: «C’est une attitude immorale»

Lesoir; le Dimanche 15 Avril 2018
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Animant hier une conférence dans le cadre du forum
d’El Djoumhouria, le président du Haut-Conseil islamique, Abdallah
Ghoulamallah, s’est exprimé sur la grève des enseignants et sur leur
statut en tant que syndicalistes. Ces derniers sont, dit-il, «des
personnes détachées, les syndicalistes ne travaillent pas, n’enseignent
pas et bénéficient de tous les avantages dans le cadre de la loi».
Refuser de se soumettre à une décision de justice, le président du HCI
qualifie ce comportement comme étant «une attitude immorale».
Amel Bentolba - Oran (Le Soir) - Le conférencier a rappelé à
l’adresse des enseignants syndicalistes, que «le président de la
République lui-même se soumet aux décisions du juge, et toi (le
syndicaliste), tu ne reconnais pas une décision du juge ?! Tu peux faire
un recours. Mais aller jusqu’à dire non, je ne reconnais pas ta décision
et je poursuis la grève, il s’agit là d’une attitude immorale».
Tout en rappelant son passé d’enseignant, Abdallah Ghoulamallah fait
remarquer que le rôle d’un enseignant est celui de faire passer
l’intérêt de l’élève avant le sien. «L’enseignant sert ses intérêts
quand il va faire des cours privés ça oui, mais pour préserver l’intérêt
de l’élève on doit accepter tous les sacrifices». Et d’aller encore plus
loin «lorsqu’on ne respecte pas les décisions de justice, cela veut dire
qu’on ne respecte pas la nation à laquelle on appartient».
Durant ce forum, le président du HCI a évité de revenir sur «la
polémique» de la fatwa qualifiant l’émigration clandestine comme étant
un péché et interdite. Il a toutefois tenu à préciser que la question de
la «harga» sera débattue lors d’une conférence que devra tenir le HCI
mercredi prochain. «Suite à quoi, nous soumettrons nos idées au
ministère des Affaires religieuses», dit-il. Les fatwas qui sont données
ici et là à travers différentes chaînes de télévision algériennes,
doivent cesser, selon les propos de l’ex-ministre. Il fait savoir qu’à
ce sujet une rencontre est prévue entre le HCI et le ministre des
Affaires religieuses afin justement de reprendre le contrôle. Ceci,
dit-il, en instaurant une règle, à savoir que dorénavant aucun imam ou
homme religieux ne pourra prononcer de fatwa sans l’aval du ministre des
Affaires religieuses.
Concernant la liberté de culte en Algérie, Abdallah Ghoulamallah
réaffirme la position de l’Algérie à respecter et à protéger la liberté
de culte. Toutefois, précise-t-il «qu’il pratique son culte dans un
endroit bien défini et officiel et non clandestin».
En évoquant la finance islamique, le président du HCI a rappelé que son
instance propose d’accompagner les banques publiques dans les démarches
avec le citoyen.
Afin, dit-il, de le rassurer car il est clair que les intérêts (riba)
vont continuer à être pratiqués mais que les banques s’engagent à ouvrir
«des fenêtres» concernant les transactions financières dans le cadre des
finances islamiques.
A. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. B.

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