Les fonds sonores de Abdelkrim Dali : Un livre ouvert à retranscrire

Lesoir; le Mercredi 22 Mars 2017
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Les fonds sonores de Cheikh Abdelkrim Dali
constituent un livre ouvert à retranscrire et explorer pour créer une
continuité dans l’histoire culturelle et artistique nationale, a soutenu
l'artiste et musicologue Abdelkader Bendaâmache, lors de l’ hommage
rendu au défunt artiste par la direction de la Culture de Tizi-Ouzou.
Animant une conférence sur le parcours et l’œuvre de ce monument du
chant andalou à l’occasion du 39e anniversaire de sa disparition, M.
Bendaâmache a estimé que le grand monument que fut Abdelkrim Dali qui a
toujours œuvré pour la pérennité de ce genre musical ancestral, a légué
un fonds documentaire «inestimable» qui devrait, selon lui, être
exploité pour l’enrichissement et la promotion de la culture.
En 1971, l’Institut national de musique a commencé à suivre Abdelkrim
Dali dans son travail de formateur, de recherche, d’auteur et de
chanteur. Les enregistrements se sont étalés sur six ans et, pendant
cette période, il a parlé du genre musical, du mode, de la poésie et des
auteurs et interprètes de l’andalou ou du style de Grenade (Espagne),
devenu par la suite, style de Tlemcen. Abdelkrim Dali, dont le nom ne
peut être dissocié de la célébration de l’Aïd El Fitr grâce à son
illustre chanson Saha Aïdkoum, a réussi à se faire un nom parmi les
grands cheikhs grâce à son dévouement et son amour pour ce genre musical
algérien, qui a été créé à partir d’un héritage cédé par les Andalous
qui se sont installés en Algérie après la chute de Grenade, a-t-il
affirmé. Cet enfant de Tlemcen qui a vu le jour en novembre 1914 s’est
abreuvé des mélodies et des rythmes auprès de son premier maître Cheikh
Abdeslam Bensari. Il a ensuite été formé par deux autres piliers de
cette musique traditionnelle, en l’occurrence Lazaâr Bendali Yahia et
Omar El-Bakhchi, a-t-il rappelé. Entre 1931 et 1933, il a travaillé avec
Chikha Titma et a enregistré plusieurs disques qui lui ont ouvert les
portes de la réussite et l’ont propulsé vers de nouveaux horizons. En
1945, il a rejoint Alger et Mahieddine Bachtarzi l’avait intégré dans
ses programmes de tournées et son nom devint assez connu sur la scène
artistique nationale.
Au niveau de la Radio algérienne, Abdelkrim Dali a fait partie des
ensembles musicaux qu’a créés El-Boudali Safir. A ce stade, affirme le
conférencier, une jonction entre le style andalou et le kabyle est
apparue, grâce à l’intégration de Dali dans la troupe de Cheikh
Nouredine en tant que luthiste. Durant les années 1950, le cheikh, qui
s’est déjà imposé comme un maître dans son style musical, s’est lancé
dans la formation en dirigeant le premier conservatoire de la musique
andalouse dans la commune d’Alger de l’époque. En plus des cours qu’il
dispensait, Abdelkrim Dali qui comptait un répertoire riche d’une
centaine de chansons, faisait des recherches sur les styles savants de
Tlemcen et d’Alger, et a pu préserver plusieurs poèmes, chants et
morceaux de musique qui sont aujourd’hui témoins d’enracinement de cette
culture, a souligné Bendaâmache.
La directrice de la Culture de Tizi-Ouzou, Nabila Goumeziane, qui a
travaillé sur cet hommage en collaboration avec la fondation Cheikh
Abdelkrim-Dali, a souligné que ce grand artiste qui s’est éteint en
1978, a mis toute sa vie au service de la culture algérienne en général
et de la musique andalouse en particulier.
Tizi-Ouzou, carrefour de l’art et de la culture, est une terre ouverte à
l’ensemble des artistes algériens et honore tous les hommes et les
femmes qui ont œuvré pour la préservation des valeurs nationales et les
repères culturels de la disparition, a-t-elle observé.

Categorie(s): culture

Auteur(s): lesoir

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