LUTTE ANTITERRORISTE: L’ANP marque des points

Lesoir; le Samedi 17 Juin 2017
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Mois de référence, quand on se rappelle les terribles
années quatre-vingt-dix, le Ramadhan sur le plan de la lutte
antiterroriste est marqué, depuis plusieurs années maintenant, par une
maîtrise du terrain presque intégrale de la part des détachements de l’ANP,
au nord du pays, dans les contrées où la présence de groupes persiste
malgré tout, comme au Sud où règne une très instable conjoncture
sécuritaire chez nombre de nos voisins du Sahel et à l’Est, aux
frontières avec la Libye.
A l’entame de la dernière décade de ce mois de Ramadhan 2017, elles ne
sont sans doute pas de la même ampleur que ces opérations qui ont marqué
le cours du mois de Ramadhan de l’année dernière, avec notamment cette
impressionnante offensive menée pendant plus de dix jours dans le massif
de Rouakeche, dans la commune de Baâta au nord de Médéa, qui avait vu l’ANP
anéantir un groupe de 14 terroristes, quelques semaines à peine après en
avoir fait de même avec un autre groupe, pris de toutes parts dans la
forêt d’Errich, dans la périphérie de la ville de Bouira.
Des opérations impressionnantes qui illustraient d’ailleurs parfaitement
le rapport de force durant une année 2016 qui restera comme une des plus
marquantes dans la suite de la lutte antiterroriste de l’après-décennie
noire. C’est en fait comme une autre guerre qui est menée aujourd’hui à
ces fameux résidus des groupes terroristes qu’évoquent les discours
officiels. Une autre guerre où le renseignement est en train de donner
une tournure que les groupuscules en activité n’attendaient pas, comme
l’indique l’opération de la semaine dernière à l’issue de laquelle trois
terroristes ont été arrêtés à la nouvelle ville Ali-Mendjeli de
Constantine après qu’ils eurent été préalablement identifiés. Une triple
arrestation qui met fin à l’aventure du groupe ayant longtemps activé
dans la capitale de l’est du pays et qui s’était mis dans l’idée de
prendre le relais de Jund al-Khilafa au nom de l’Etat islamique.
C’est donc un mois de Ramadhan où «l’exploitation efficiente de
renseignements», comme le soulignent les communiqués émis ces derniers
temps par le ministère de la Défense, a ainsi permis, dans l’après-midi
de jeudi, à un détachement de l’ANP, en patrouille près de la ville de
Tamanrasset, la mise hors d’état de nuire de deux terroristes et la
récupération d’un véhicule tout-terrain à bord duquel ont été récupérés
deux fusils mitrailleurs FMPK et une importante quantité de munitions.

On rappellera que c’est également à Tamanrasset, dans la localité de
Silet plus précisément, que la toute première opération de ce mois de
Ramadhan a été menée par l’arrestation de trois terroristes et la
récupération d’une kalachnikov, un fusil semi-automatique Simonov et des
munitions. Jeudi donc, le déploiement de l’armée a été fatal non
seulement à deux terroristes, mais également à plusieurs personnes
soupçonnées de faire partie de réseaux de soutien à Skikda, Blida et
Oran. Des arrestations qui intervenaient vingt-quatre heures après
l’interpellation de deux individus, l’un à Tizi-Ouzou et l’autre à
Constantine, présumés eux aussi membres de réseaux de soutien. Ce sont
en tout pas loin d’une quinzaine de personnes arrêtées pour ce dernier
motif, parmi lesquelles les cinq individus qui l’ont été à Tébessa au
lendemain de l’arrestation de trois terroristes à Bir-el-Ater qui ont
reconnu être les auteurs de la pose de la mine artisanale qui a explosé
lors du passage d'une patrouille militaire le 2 juin, le même jour où
les recherches engagées après l’attaque contre les gendarmes au pied
d’un barrage à Larbaâ ont abouti à l’élimination de deux terroristes,
Charef Abderrahmane alias El-M’sili, et Nouari Mohamed Bachir, au nord
de Bougara, dans la wilaya de Blida.
C’est donc une dernière décade du mois sacré qui est entamée à l’image
des mois de Ramadhan où la situation sécuritaire, depuis quatre ou cinq
ans, était marquée par le rétrécissement des facultés de mouvement et de
nuisance des groupuscules terroristes notamment dans leurs territoires
de prédilection, le triangle constitué des wilayas de Tizi-Ouzou, Bouira
et Boumerdès, et les contrées du Grand Sud du pays notamment les
localités situées près des frontières sud-est où l’armée a conduit de
retentissantes opérations surtout ces deux dernières années où, lorsque
ce n’étaient pas des incursions sur le territoire national qui étaient
annihilées, c’étaient des quantités d’armes, parfois hallucinantes, sur
lesquelles les patrouilles de l’armée, particulièrement affectées à la
surveillance des frontières, mettaient la main. Ainsi, il paraît loin le
temps où, à la veille du mois de Ramadhan, les pires craintes étaient
ouvertement émises, et des plans de sécurisation mis en branle un peu
partout pour contrer toute velléité de tentative des groupes terroristes
de semer la mort.
La donne n’est plus la même, c’est une certitude, mais de douloureux
souvenirs, dont celui de l’embuscade tendue le jour même de l’Aïd el-Fitr
d’il y a deux ans à un détachement de l’ANP à Aïn Defla, sont encore
bien frais pour inciter à ne pas se relâcher.
M. Azedine

Categorie(s): actualités

Auteur(s): M. Azedine

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