MOSTAGANEM : Yennayer, une fête empreinte de ferveur, de joie et de communion

Lesoir; le Mardi 9 Janvier 2018
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Au niveau de tous les marchés couverts ou à ciel ouvert, dans tous
les souks hebdomadaires, en ville et dans les bourgades, les marchands
et les vendeurs informels ont momentanément changé de spécialité
commerciale.
Selon les convictions des uns et des autres, la coutume de Yennayer est
depuis longtemps fêtée avec ferveur et respect à Mostaganem. Alors que
pour les uns, cette fête consiste en un menu spécial d’une soirée, le
temps de réunir toute la famille, pour d'autres, c'est une fête rituelle
qu'il s'agit de célébrer exceptionnellement. Pour les commerçants et les
opportunistes, l'événement demeure l'aubaine la plus festive. Les noix
proposées à 1 000 et 1 200 DA/kg parce qu'elles proviennent de
Californie, les noisettes à 1 500 DA le kilo, les amandes entre 800 et 1
000 DA/kg, les pistaches qui dépassent 2 000 DA/kg, les cacahuètes à 400
DA/kg, les figues séchées qui dépassent 400 DA/kg, les bananes à 500
DA/kg, les pommes à 600 DA/kg, ou les mandarines à 200 DA/kg, c'est là
un large aperçu des tarifs affichés là où vous passez ! Pour ce Yennayer
de l'an 2968, l'occasion est offerte aux marchands, surtout véreux, de
se frotter une nouvelle fois les mains. Quant aux clients, les marchés
ne désemplissent pas et on a du mal à se frayer un chemin parmi les
étals. Cela est également perceptible à travers les souks hebdomadaires
durant ce dernier vendredi. La «température» de la mercuriale de tous
ces produits tant prisés pour la célébration de cette fête ancestrale
révèle que les prix ne cessent de battre les records. Sans le moindre
scrupule, on augmente davantage, sans souci à l'égard d'un client se
plaignant de l'érosion de son pouvoir d'achat, mais tout aussi
frénétique dans sa course vers les étals. Bon gré, mal gré, à l'instar
d'autrui, chaque père de famille succombe à la tentation en osant des
achats selon son portefeuille. La demande évoluait crescendo jusqu'à la
veille du jour J. Par leurs prix relativement plus bas, les produits
locaux paraissent plus abordables pour les petites bourses. Compte tenu
de leur dénuement, on tente de les appâter par des «mélanges» proposés
entre 600 et 800 DA/kg. Sans pitié ni générosité, la mercuriale des
fruits locaux ou exotiques (exotique de ce qu’il en reste sur le
marché), inscrits sur la liste de Yennayer, ne s'est guère empêchée de
s'emballer ces derniers jours. L'avènement du nouvel an donne lieu à une
ambiance particulière, empreinte de ferveur, de joie et de communion.
Les cérémonies de la fête consistent surtout à préparer et consommer un
repas copieux, à base de blé, de semoule et de viande blanche. Le temps
d'une soirée, les meïdas sont garnies d'une floraison de friandises,
ainsi que des amuse-gueules de toutes les couleurs, avec des mets
inhabituels, tels les crêpes et les beignets accompagnés d'une collation
à base de thé.
A. B.

Categorie(s): régions

Auteur(s): A. B.

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