Oran: Marche des étudiants de l’ENS et sit-in du syndicat du Cnapeste

Lesoir; le Mardi 13 Mars 2018
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Oran avait rendez-vous, hier, avec deux mouvements de
protestation, celui des étudiants de l’Ecole normale supérieure en grève
depuis treize semaines et celui du Cnapeste qui conteste «les pressions
et les intimidations». Organisés séparément, une marche pour les uns et
un sit-in pour les autres, à un moment de la contestation, les deux
mouvements de protestation se sont retrouvés face à face devant la
direction de l’académie. Un point en commun les a réunis : leur colère
contre la ministre de l’éducation.
Amel Bentolba - Oran - (Le soir) - A l’instar de leurs collègues des
wilayas de l’Est et du centre, hier, ils étaient des dizaines
d’étudiants de l’ENS des wilayas d’Oran, de Mostaganem et de Laghouat, à
se rassembler au niveau de la place du 1er-novembre (ex-place d’armes)
pour entamer par la suite une marche de contestation.
Fait inédit, le parcours des marcheurs étroitement encadré par les
forces de police, a eu «la permission» de se rendre vers leur point de
rassemblement final, le siège de la wilaya d’Oran, en empruntant la
principale artère du centre-ville, la rue Larbi-Ben M’hidi. Une artère
qui n’a pas connu d’action de protestation autorisée depuis des années.
Un fait qui n’a pas manqué d’attirer les passants et d’intriguer les
citoyens qui ont tenu à immortaliser «cet évènement» en filmant la
scène.Les étudiants, quant à eux n’ont pas été impressionnés et
n’avaient en tête que leur ras-le-bol de se voir, disent-ils, ignorés
par Mme la ministre de l’Education. «A travers toutes ses déclarations
médiatiques Mme Benghabrit n’évoque qu’une partie de nos revendications,
à savoir qu’elle nous accorde la priorité dans le recrutement. Le second
volet important et auquel nous tenons, c’est l’application de l’article
4. A savoir que chaque diplômé de l’ENS est recruté automatiquement et
dans sa wilaya d’origine.» Même si les revendications scandées
évoquaient l’article 4 et son importance, les contestataires n’ont de
cesse d’appeler les deux ministères à «s’entendre et régler le problème
de l’ENS». La majorité des slogans demandaient le départ de la ministre
de l’Education, allant jusqu’à l’accuser d’avoir gâché les 4 ans
d’études de ces étudiants qualifiant le ministère de l’éducation de «haggar».
Arrivés au niveau de la direction de l’académie, quelques heures
auparavant, les enseignants affiliés au Cnapeste et d’autres venus en
soutien à titre indépendant observaient un sit-in pour protester, nous
expliquent-ils, à l’instar de leurs collègues à travers toutes les
autres wilayas, contre «les décisions arbitraires prises par la
ministre, par des mesures de radiation et de menaces. A présent, nous
ajoutons une autre revendication, celle de la dignité de l’enseignant ;
certains cumulent plus de 25 ans d’expérience et on vient lui interdire
le droit de revendiquer alors qu’il est dans son droit et dans la
légalité.» Pour les contestataires, à ce jour, aucune radiation n’a été
enregistrée et aucun enseignant n’a accepté de signer les mises en
demeure. S’agissant de la mesure d’interdire l’accès des enseignants
grévistes à leurs établissements, le représentant de wilaya nous affirme
que depuis dimanche, aucun enseignant n’a été empêché et qu’il ne s’agit
là que de «simples menaces».
Au moment du passage des étudiants de l’ENS, les contestataires se sont
salués, les uns ont poursuivi leur sit-in et les autres ont continué
leur marche vers le siège de la wilaya. Une marche qui s’est terminée
par un sit-in sur place.
Au terme de cette action le porte-parole des étudiants de l’ENS nous
dira qu’ils comptent maintenir leur mouvement de protestation qui tend
même à se radicaliser, nous confie-t-il. «Nous ne baisserons pas les
bras ni n’arrêterons la grève, nous irons même jusqu’à entamer une grève
de la faim d’ici la semaine prochaine.»
A. B.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): A. B.

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