Ouyahia se confie à ses partenaires politiques au gouvernement :: «Nous n’avions pas de quoi payer les salaires de novembre»

Lesoir; le Mercredi 13 Septembre 2017
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Le Premier ministre et secrétaire général du
Rassemblement national démocratique, Ahmed Ouyahia, a convié, hier
mardi, au palais du gouvernement, ses homologues des partis siégeant au
gouvernement, pour une réunion de concertation autour du plan d’action
de l’exécutif et la nouvelle loi sur la monnaie et le crédit.

Kamel Amarni - Alger (Le Soir) - Ont donc assisté à cette
véritable rencontre au sommet de la majorité présidentielle, le
secrétaire général du Front de libération nationale, Djamel Ould Abbès,
le président du parti le TAJ, Amar Ghoul, et le secrétaire général du
Mouvement populaire algérien, Amara Benyounès.
Chacun des quatre chefs de partis était accompagné par son ou ses chefs
de groupes parlementaires. A l’évidence, le Premier ministre, Ahmed
Ouyahia, cherche à travers «ses retrouvailles» à préparer le terrain au
niveau du Parlement, avant qu’il ne descende à l’Assemblée populaire
nationale dimanche prochain, pour défendre son plan d’action.
Selon une source fiable, Ouyahia avait commencé par une intervention à
travers laquelle il exposera les grandes lignes du plan d’action de son
gouvernement, ainsi que la nouvelle loi «concomitante» à ce même plan,
celle sur la monnaie et le crédit. «Ouyahia a longuement expliqué les
dispositions ainsi que les objectifs de cette nouvelle loi sur la
monnaie et le crédit que l’opposition assimile, à tort, à la planche à
billets. Le Premier ministre a été très clair à ce sujet : «Sans cette
solution, qui permettra le recours au financement interne non
conventionnel, nous n’aurions pas de quoi payer les fonctionnaires dès
novembre prochain.»
L’intervention du Premier ministre sera suivie par un tour de table avec
l’intervention, notamment, de Djamel Ould Abbès, Amar Ghoul et Amara
Benyounès. «Le FLN , qui est la première force politique au Parlement,
insistera, par la voix de son secrétaire général, sur un point : les
financements non conventionnels en question doivent être orientés
exclusivement vers l’investissement et non pas pour financer les
exportations.
De même qu’il a souhaité que, lors de son passage au niveau du
Parlement, Ouyahia fournisse des chiffres portant sur le bilan global
des réalisations depuis 1999, pour répondre à l’opposition qui s’est
toujours interrogée, à dessein, sur la destination prise par les 800
milliards de dollars, à savoir le montant global engrangé par les
exportations des hydrocarbures pour la même période», nous confie-t-on
de même source.
Sur ce même sujet inhérent à la communication, les quatre partis ont,
par ailleurs, convenu de la nécessité de répliquer à l’opposition par
«une nouvelle dynamique de communication. L’opposition occupe tout
l’espace, notamment sur les réseaux sociaux alors que le pouvoir reste
silencieux. Il faut que cela change» ! nous révèle-t-on.
Ecartant catégoriquement toute idée de reconstituer la fameuse alliance
présidentielle, les leaders des partis siégeant au gouvernement ont
convenu, par contre, de se concerter régulièrement. «D’ores et déjà, il
a été décidé que les groupes parlementaires du FLN, du RND, du TAJ et du
MPA se rencontrent régulièrement». Il faut préciser, ici, qu’avec
respectivement, 164 députés pour le FLN, 100 pour le RND, 19 pour le TAJ
et 13 pour le MPA, les quatre partis détiennent la majorité absolue au
niveau de l’Assemblée alors qu’au niveau du Sénat, les groupes
parlementaires du FLN, du RND et du tiers présidentiel en constituent la
majorité écrasante. Ouyahia peut, dès lors, s’appuyer sur une majorité
confortable pour mener paisiblement son programme.
Une majorité, en outre, que les quatre partis ont décidé de maintenir
«ouverte à tout autre parti qui soutient le programme présidentiel».
Il faut dire que le limogeage de Ammar Saâdani de la tête du FLN, en
octobre 2016, a permis un nouveau rapprochement entre les directions de
l’ex-parti unique et celle du RND. Si, ainsi, Saâdani défrayait la
chronique lorsqu’il déclarait une guerre ouverte à son homologue du RND,
Ahmed Ouyahia, allant jusqu’à le traiter de «traître au Président !»,
les choses ont radicalement changé depuis.
On croit d’ailleurs savoir, de source très bien informée, que la
rencontre d’hier mardi au palais du gouvernement avait été précédée par
une rencontre bilatérale entre Ouyahia et Ould Abbès, la semaine
dernière et qui a été gardée secrète.
K. A.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): K. A.

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