PLUIES TORRENTIELLES, ROUTES COUPÉES ET DES FAMILLES SANS ABRI A BOUMERDÈS: Les mariés de Novembre ont des sueurs froides

Lesoir; le Samedi 3 Novembre 2007
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Les couples, ils étaient plus nombreux que d’habitude ce jeudi, désirant profiter de ce 1er Novembre, date chère aux Algériens pour célébrer leurs unions et mettre un peu de piment révolutionnaire dans leur vie à venir, mais ont été longtemps stressés.Plusieurs cortèges nuptiaux ont été, en effet, des heures durant bloqués au niveau de la RN5 dans la commune de Boudouaou. Les torrents d’eau que devaient évacuer les caniveaux bouchés par les riverains irrespectueux de la loi en matière d’urbanisme ont envahi la chassée devenue impraticable. Un bouchant de plusieurs kilomètres s’était formé. Cela avait commencé vers 14h et ce n’est que durant la nuit que la situation s’était débloquée. Dans la commune de Sidi-Daoud, ce sont les passagers de 4 véhicules d’un autre cortège escortant une mariée qui ont été, selon le colonel Kherroubi, chef de la Protection civile de la wilaya, sauvés des eaux. Les cortèges qui circulaient en mettant l’ambiance habituelle à ce genre de festivités ont vécu le calvaire en cours de route. Certains n’ont finalement acheminé la mariée que tard dans la nuit. Parmi les interventions que nous a énumérées, hier matin, l’officier de la Protection civile qui a effectué 50 interventions durant moins de 10h, les sapeurs-pompiers ont secouru une centaine de femmes qui assistaient à une cérémonie de mariage organisée dans une salle des fêtes de Corso envahie par les eaux. Dans cette dernière localité, l’oued Corso a débordé pour envahir son lit. Les sapeurs-pompiers ont évacué, selon le colonel Kherroubi, une trentaine de passagers d’un autocar et les trois passagers d’un véhicule tout-terrain qui ont été surpris par les eaux qui ont submergé les routes à grande circulation de la périphérie ouest de l’ex-Rocher noir. Une dizaine de véhicules sont été couverts par les crues. A notre passage sur les lieux dans la matinée de vendredi, nous avions constaté que les 10 logements du rez-de-chaussée d’une cité et plusieurs commerces ont été inondés causant des pertes aux propriétaires. Un sinistré déplorait l’absence des autorités locales, les responsables de la daïra de Boumerdès notamment. Effectivement, seuls les véhicules de la Protection civile et des policiers étaient visibles. Des engins spéciaux s’activaient à déboucher les caniveaux. De Sidi-Daoud, à l’est de la wilaya de Boumerdès, un citoyen nous a appelé, vers 10 h, pour nous signaler qu’une dizaine de familles est pour l’heure sans abri du fait de l’inondation de leurs habitations suite au débordement de l’oued Besbes obstrué par des aménagements à caractère agricole et des constructions illicites. Notre interlocuteur qui a relevé l’absence des autorités nous a par ailleurs indiqué que la route reliant Sidi-Daoud à Baghlia était toujours fermée. Le pavillon des urgences de l’hôpital, la brigade de la Gendarmerie nationale, la mosquée, l’unité de la Protection civile et plusieurs villas de la partie est de la ville de Bordj-Menaïel ont été inondés, nous a dit le colonel Kherroubi. L’oued Bousbaâ qui traverse la ville et dont le lit s’est rétréci ces dernières années n’a pas contenu cette crue inhabituelle. Le centreville de Boudouaou a été inondé paralysant la ville entre 14h et 16h le moment pic des chutes de pluies sur la wilaya de Boumerdès. Fort heureusement, la pluie a cessé avant 16 h. C’est à se demander à quoi ont servi les dizaines de milliards de dinars consentis par l’Etat il y a moins de 5 ans pour justement éviter à l’agglomération ce genre de problèmes. «Le laxisme et l’absence de l’Etat sont la cause des dégâts constatés dans la ville de Boumerdès», nous dit un spécialiste de l’hydraulique venu constater les dégâts subis par l’une des stations de relevage des eaux usées de la ville de Boumerdès. A côté de cette station, le stade Bouamama du chef-lieu de wilaya rénové pour les Jeux africains a également subi des dégâts. Les ordures et les gravats jetés par les auto-constructeurs des environs de l’oued Tatareg ont empêché l’écoulement normal des eaux de pluie diluviennes de ce jeudi. D’importants dégâts sont à signaler. Rencontré au niveau du siège de la wilaya parmi les responsables de la cellule opérationnelle que préside le secrétaire général de la wilaya, le colonel Kherroubi ne signale pas de pertes humaines. Cependant les dégâts induiront sûrement une facture lourde pour le budget de l’Etat.Abachi L.

Categorie(s): régions centre

Auteur(s): Abachi L.

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