POUR JIL JADID :: «Les équilibres internes du régime sont rompus»

Lesoir; le Dimanche 13 Aout 2017
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Pour Jil Jadid, le conflit entre Tebboune et Ali
Haddad et ses développements ultérieurs sont loin d’être un problème
d’incompatibilité d’humeur entre un Premier ministre soucieux d’imposer
sa feuille de route et un président du FCE victime d’inconvenances
protocolaires.
La cascade d’événements qui ont suivi l’incident de l’Ecole supérieure
de la sécurité sociale suivi du conclave anti-Tebboune d’Ali Haddad et
ses amis du patronat soutenus par le secrétaire général de l’UGTA en
passant par ce qui semble être une prise de positon directe du frère du
président de la République, Saïd Bouteflika en faveur du patron du FCE
en s’affichant à ses côtés au cimetière El-Alia jusqu’aux récentes
directives prêtées au président et adressées au Premier ministre
constituent des indicateurs politiquement significatifs pour le parti de
Sofiane Djilali.
«Depuis l’apparition de Saïd Bouteflika au cimetière El-Alia, pris en
charge par le protocole présidentiel et sa provocation publique contre
le Premier ministre, les Algériens ont compris que les équilibres
internes du régime étaient rompus», commence par analyser ce parti qui
se dit convaincu qu’une scission au sommet de l’Etat est bien réelle.
Division attestée par «la publication de pseudo-remontrances
présidentielles à l’égard de M. Tebboune par le biais d’une télévision
privée dans le but de l’affaiblir et préparer sa destitution.» Pour les
rédacteurs du communiqué, «le boycott massif des législatives du 4 mai
conjugué à la crise financière majeure du pays ont provoqué la chute du
gouvernement Sellal et dans son sillage la noria de ministres qui
formaient le clan présidentiel. La voie ouverte par M. Tebboune et la
force sur laquelle il s’appuie contrecarrent la grave dérive maffieuse
du clan présidentiel qui met en péril la sécurité nationale et la paix
civile. Il n’est plus possible pour une autre partie du pouvoir de
fermer les yeux sur les décisions extra constitutionnelles, engagées au
nom d’un président en titre mais irresponsable de fait, et qui mettent
en péril l’Etat lui-même», estime Jil Jadid pour qui ces événements
agissent comme un révélateur sur la fragilité du régime qui n’en finit
pas d’étaler ses contradictions. D’où le risque de voir surgir encore un
autre bras de fer. «Le gouvernement Tebboune est donc en position de
refuser toute décision pour le démettre, puisque n’émanant pas de la
volonté publique du «Président officiel», et pourra de ce fait dénoncer
toute tentative en ce sens avec des arguments définitifs sur la vacance
de la Présidence et plus gravement encore, sur l’usage illégal de ses
prérogatives constitutionnelles par de tierces personnes !», prédit Jil
Jadid. Et de conclure : «Ceux qui ont imposé à l’Algérie le démentiel 4e
mandat sont politiquement, moralement et pénalement responsables de la
tragédie éventuellement à venir.»
S. A. M.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): S. A. M.

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