SCULPTURE DE LA POTERIE À ALGER: L’artisanat reprend la main !

Lesoir; le Lundi 19 Decembre 2011
2

Après avoir été quelque peu boudé, l’artisanat reprend la main. En visitant un atelier d’art manuel, consacré à la sculpture de la poterie algérienne, situé au boulevard Krim- Belkacem dans le quartier du Télemly, nous avons réalisé qu’un vrai génie créateur bouillonne à l’intérieur de ces petites fabriques où des petites mains expertes façonnent, polissent, galbent et peignent des œuvres aussi belles, les unes que les autres.
Des représentations parfois insolites, comme ce sucrier en forme de «tarbouche» ou encore, cette derbouka en peau de poisson, qui fait l’unanimité chez les d’rabki algérois. A la tête de cet atelier, Nabil Belazzoug, 40 ans. Il nous fait le tour du propriétaire. Absorbés par leur ouvrage, une dizaine d’artisans, jeunes pour la plupart, travaillent dans un silence religieux. Boualem, 24 ans, est plongé dans la reproduction d’une célèbre miniature de Mohamed Racim. «J’ai appris à peindre sur le tas. Je n’ai jamais mis les pieds dans une école d’art !» nous révèle-t-il. A ses côtés, Nora peint des arabesques sur un vase géant. «Comme pour tout travail fait main, il faut énormément de concentration et de persévérance. Mais ma récompense, c’est de voir une pièce unique naitre entre mes doigts !» nous lance-t-elle, non sans fierté. Armé d’un pinceau et de beaucoup de patience, Bilal, 27 ans, peint des petits tajines. Il nous gratifie d’un sourire chaleureux et nous explique par des gestes qu’il est sourd et muet. «Cela fait trois ans qu’il travaille ici», nous dit Nabil. «Malgré un second handicap, une main infirme, il s’est battu comme un fou pour apprendre le métier d’artisan sculpteur. Comme quoi, à cœur vaillant, rien d’impossible !» Services à café, tajines, miroirs en mosaïque, coffrets à bijoux, bonbonnières, vases, horloges, abat-jours... Tout est fait main, à base d’argile. «Aujourd’hui, nous constatons un retour en force vers tout ce qui est authentique et traditionnel », souligne Nabil. «Le domaine de l’artisanat n’a pas de limite. C’est un créneau où l’on se doit d’être toujours créatif », conclut-il. En plus de la création d’objets d’art, ces artisans interviennent parfois dans la restauration des vieilles fontaines ou de murs anciens, notamment dans les «douirate» à La Casbah où ils s’attellent à la reproduction artistique de zellig en remplacement des anciennes faïences.
Sabrinal

Categorie(s): société

Auteur(s): Sabrinal

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..