SELON UNE ASSOCIATION DE CONSOMMATEURS: 100 000 intoxications alimentaires par an en Algérie

Lesoir; le Dimanche 13 Aout 2017
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Pour l’association El-Aman pour la protection des consommateurs, le
nombre de cas d’intoxications alimentaires est beaucoup plus important
que les chiffres annoncés par le ministère de la Santé. Selon son
premier responsable, plus de cent mille cas sont enregistrés
annuellement.

Rym Nasri - Alger (Le Soir) - Le président de l'association El-Aman
de protection des consommateurs (Alger), Hacène Menouar,
s’alarme sur le degré d’insalubrité qui sévit dans le domaine de la
restauration et l’absence de respect des normes de commercialisation des
denrées alimentaires notamment les boissons minérales et gazeuses. «Les
choses vont mal. Nous devenons de plus en plus négligents sur
l’hygiène», s’est indigné vendredi dernier, en début de la campagne de
sensibilisation organisée pendant deux jours sur l’esplanade du port
d’El-Djemila (ex La Madrague) de Ain-Benian à Alger.
Il exhorte ainsi les pouvoirs publics à lancer dans les plus brefs
délais, un plan Orsec pour les intoxications alimentaires. «La situation
ne s’améliore pas au contraire, elle se dégrade et le nombre de cas
d’intoxications alimentaires augmente d’année en année», constate-t-il.
D’ailleurs poursuit-il, «nous enregistrons plus de cent mille cas
d’intoxications alimentaires par an. Un grand nombre est lié à la
restauration collective dans les fêtes mais aussi dans la restauration
aux entreprises, universités et écoles».
Pour lui, les chiffres qui sont annoncés par le ministère de la Santé
sont loin de refléter la réalité. «Six mille cas d’intoxications
annoncés en 2016 est une aberration !», dit-il.
Hacène Menouar explique ce nombre élevé de cas d’intoxications
alimentaires par une absence de culture. Il cite à cet effet, des
transporteurs «inconscients» de produits alimentaires périssables qui ne
respectent pas la chaine de froid ou encore des commerçants «criminels»
qui éteignent leur frigo le soir, histoire d’économiser l’énergie
électrique au détriment des produits.
Il évoque également, le transport des boissons notamment de l’eau
minérale par des camions non aménagés exposant ainsi, cette marchandise
au soleil. «Nous avons demandé à ce que les services de sécurité de la
police et de la gendarmerie, installés dans les barrages soient
impliqués dans le respect des normes d’hygiène par les transporteurs
concernant le transport des produits alimentaires périssables»,
rappelant que cette demande a été maintes fois exprimée auprès des
autorités publiques par son organisation sans qu’elle soit prise en
considération.
Le président de l'association El-Aman regrette le manque de contrôle et
de répression et l’absence de sanctions. Pourtant poursuit-il,
«l’Algérie dispose d’une réglementation très stricte».
Selon lui, le ministère du Commerce n’a pas à s’immiscer dans la
sensibilisation, déplorant une négligence certaine de la part des
services de l’Etat à commencer par les collectivités locales.
Dans la poursuite de ses actions de sensibilisation, l’association
El-Aman donne rendez-vous quelques jours avant la fête de l’Aïd El Adha,
aux Algérois sur l’une des grandes places publiques de la capitale, pour
sensibiliser sur les risques liés au sacrifice du mouton et de ses
effets.
Ry. N.

Categorie(s): actualités

Auteur(s): Ry. N.

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