SOIT DIT EN PASSANT: En Algérie, on frime sans raison !

Lesoir; le Mardi 12 Septembre 2017
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Par Malika Boussouf
malikaboussouf@yahoo.fr
Il est des jours comme ça où l’on désespère de s’entendre dire autre
chose que ce qui nous est servi à longueur de discours ou de
déclarations. Pour justifier l’injustifiable, on nous gavera
d’affirmations selon lesquelles, comme je le disais auparavant, on a
augmenté le nombre d’hôpitaux et le nombre de logements.
On aimerait surtout nous dire que l’école algérienne accueille chaque
année des millions d’élèves et que l’université n’est pas en reste. Ce
que l’on ne dit pas, c’est que les hôpitaux ne soignent pas ou si mal,
que les femmes y accouchent presque à même le sol et dans des conditions
d’insalubrité indignes d’un Etat, que le personnel y est attifé de façon
douteuse, qu’il vous ausculte la tête ailleurs et souvent les yeux rivés
sur son smartphone à l’affût de la petite affaire à conclure en dehors
du service.
Je ne citerai aucun CHU en particulier mais ce que chaque patient
pourrait affirmer, sans craindre de verser dans l’excès, c’est que les
services des urgences sont quasi déserts faute de personnel et surtout
de médecin attitré pour assurer les gardes de nuit. Inutile de se
demander pourquoi certains hommes et certaines femmes ont choisi
d’embrasser cette profession.
Le moins que l’on puisse dire, présentement, c’est que le noble métier
de médecin s’est passablement clochardisé.
A l’école, au collège ou au lycée, les enseignants, dont le niveau très
moyen démontre qu’ils ne sont pas là par vocation, ignorent tout de la
noble profession.
Le maître d’école n’est plus le notable que chacun rêvait d’avoir à sa
table comme c’est encore le cas dans le pays où enseigner a un sens qui
va au-delà de l’altruisme et du don de soi. Quand un professeur se
soucie plus de la longueur d’une liquette qui, selon lui, ne couvre pas
assez les fesses d’une jeune adolescente que du cours d’histoire, de
géométrie ou de philo qu’il va donner, on comprend mieux que les élèves
se rabattent sur une assistance extérieure pour rattraper le cours bâclé
par un enseignant, l’œil en permanence rivé sur les prochaines vacances.
Et l’on ose parler de démocratisation de l’enseignement quand l’école
est transformée en immense garderie !
M. B. 

Categorie(s): chronique du jour

Auteur(s): lesoir

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